2026-05-07

La polygamie ou le dilemme du prisonnier

Temps de lecture : 3 min

La vie est comme une scène de jeux à ciel ouvert. Un jeu suppose l’existence de quatre principales choses. Les règles du jeu, les joueurs, les actions ou stratégies à entreprendre et les paiements (positifs ou négatifs). Dans la vie de tous les jours, les Hommes sont en interactions perpétuelles et pour atteindre leurs objectifs, ils sont obligés de mettre en œuvre diverses stratégies qui leur apportent des gains ou pertes appelés les paiements. Et tout cet écosystème est soumis dans son fonctionnement à diverses règles relevant des us et coutumes ou du droit positif.

Les Hommes en participant de manière quotidienne aux différents jeux, atteignent ce que les théoriciens des jeux appellent « équilibre » ; situation dans laquelle chaque joueur joue sa meilleure stratégie ou meilleure action.

Parmi la multitude de jeux qui existe et à laquelle les Hommes participent au quotidien, il y a un jeu qui est devenu célèbre par sa capacité à décrire moult situations de la vie réelle. Ce jeu est appelé très à propos « le dilemme du prisonnier ».

Toute situation de la vie réelle dans laquelle les joueurs en interaction ne coopèrent pas pour faire émerger une solution consensuelle doit être considérée comme un jeu non coopératif. Songez par exemple aux antagonismes qui existent entre coépouses dans les foyers polygames; ou aux oppositions entre partis politiques ou aux différends entre pays en temps de guerre etc.

Si en plus de cette non coopération entre les joueurs, la solution à laquelle les joueurs aboutissent est moins optimale (moins meilleure) que celle qu’ils pouvaient avoir s’ils coopéraient ; alors le jeu en question portera le sobriquet de « dilemme du prisonnier ».

Par exemple, dans un foyer polygame, généralement, au lieu que les coépouses créent un climat de coopération entre elles ; les femmes du foyer s’inscrivent dans un jeu non coopératif. En optant pour un tel choix, la situation du foyer deviendrait moins stable que si les femmes avaient opté pour la coopération (jeu coopératif). Une telle situation présente exactement les conditions d’équilibre dépeintes par la théorie du dilemme du prisonnier.

Ce même résultat où la coopération entre les parties est meilleure – car conduisant à de meilleures conditions que la non coopération – est visible dans les pays en guerre ou entre pays en guerre. Dans la mesure où l’instauration d’un jeu coopératif conduirait à moins de souffrance que celle d’un jeu non coopératif où chaque partie s’arcboute à ses positions tout en évitant de pleinement saisir les conditions de coopération possibles.

Madou CISSE / FSEG

2026-04-30

Bonne hausse et mauvaise baisse des prix sur le marché des biens et services. Comment ?

Temps de lecture : 3 min

Série : Economie en question (N°54)

Les économistes mainstream retiennent trois (03) marchés comme réels sur les cinq (05) qui existent. A savoir, le marché des biens et services, le marché du travail et le marché du capital. Auxquels ils ajoutent le marché de la monnaie et le marché de change.

L’analyse de chacun de ces marchés se fait par eux (contrairement aux économistes hétérodoxes) par le truchement des courbes d’offre et de demande.

Une analyse des courbes d’offre et de demande du marché des biens et services permet d’inférer qu’il existe sur ce marché pour abonder dans le même sens que F. Bastia (1801-1850) une bonne hausse de prix ainsi qu’une mauvaise baisse de prix. Comment ?

Une hausse de prix consécutive à une hausse de la demande induite par un accroissement de revenu des demandeurs (donc, déplacement positive de la courbe de demande) ne doit pas être mise sur le même échiquier qu’une hausse de prix consécutive à une contraction de l’offre (déplacement négatif de la courbe d’offre) toutes choses égales par ailleurs. Dans une telle optique, la première hausse de prix a été qualifiée de bonne pendant que la deuxième reçoit le qualificatif de mauvaise hausse de prix.

Une baisse consécutive à un déplacement positif de l’offre (augmentation de l’offre) pour toute demande de biens et services restée constante est qualifiée de bonne baisse comparée à une baisse de prix qui est due à un déplacement négatif de la demande (contraction de la demande) pour toute offre donnée.

Les deux situations « mauvaise hausse de prix » et « mauvaise baisse de prix » doivent toutes les deux faire l’objet d’attention particulière afin d’apporter les mesures correctives nécessaires et surtout de tout mettre en œuvre pour les éviter dans une économie.

Madou CISSE / FSEG

2026-04-23

Dévaluation monétaire oui, mais à condition que…

 Temps de lecture : 4 min

Face à la dégradation du déficit du solde des comptes des transactions courantes et de capital ou solde de la balance des opérations courantes d'un pays – ces comptes enregistrent les flux de biens, services, revenus et transferts courants entre les résidents du pays et le reste du monde – la dépréciation du taux de change en situation de change flexible ou la dévaluation en situation de change fixe peut être mise en œuvre par les autorités compétentes du pays pour l’enrayer.

Vertus « supposées » de la dévaluation monétaire

La dévaluation de la monnaie nationale est censée rendre les biens et services domestiques moins chers par rapport à ceux du reste du monde. Dans une telle éventualité, le pays pourra plus vendre et acheter moins au reste du monde.

Malheureusement, la description idyllique de l’effet de la dévaluation sur le solde de la balance des opérations courantes telle que faite supra ne se produit pas ainsi exactement. Pourquoi ?

Ce qu’il ne faut point perdre de vue, c’est que la dévaluation monétaire induit un effet-prix et un effet-volume.

Dans la foulée de la dévaluation (c’est-à-dire à court terme), l’effet-prix domine l’effet-volume. Cette domination conduit à une détérioration des termes de l’échange (rapport entre l’indice des prix des exportations et l’indice des prix des importations). La conséquence de cette domination de l’effet-prix conduit toujours à une détérioration du solde de la balance des opérations courantes du pays ayant dévalué sa monnaie.

A long terme, l’effet-volume reprend le relai et domine l’effet-prix. A cet horizon temporel, les volumes des exportations et des importations vont commencer à réagir aux variations des prix induites par la dévaluation. A ce stade, les biens et les services domestiques en monnaie étrangère deviennent moins chers et ceux du reste du monde en monnaie nationale deviennent plus chers. Ces changements vont conduire à la réduction in fine du déficit du solde de ladite balance par l’augmentation du volume des exportations devenues dorénavant moins chères et la baisse du volume des importations qui sont devenues plus chères.

Cet impact paradoxal de l’impact de la dévaluation monétaire sur l’économie d’un pays est connu sous l’expression de la « courbe en J ». Car, la dévaluation (ou la dépréciation) monétaire détériore dans un premier temps le solde de la balance des opérations courantes puis dans un second temps, elle l’améliore.

La réalité est la compétitivité des entreprises

Dévaluer ou déprécier pour réduire le solde de la balance des opérations courantes d'un pays n’aura des impacts positifs que si l’économie du pays remplit certaines conditions. Parmi celles-ci, (1) le pays doit disposer préalablement d’un bataillon d’entreprises exportatrices ; (2) les demandes du reste du monde des biens et services exportés par les entreprises nationales doivent être inélastiques aux prix. Cette dernière condition exige de la part des entreprises nationales un degré important de compétitivité prix et de qualité. Sinon, la dévaluation ne pourrait pas atteindre son objectif primordial à savoir réduire le creusement du déficit du solde de la balance des opérations courantes du pays.

M. Madou CISSE / FSEG

2026-04-16

La vente à perte n’est pas systématiquement un problème en matière de concurrence

 Temps de lecture : 3 min

Série : Economie en question (N°53)

La régulation des marchés peut être légitimement mise en œuvre sur les structures de marchés relevant de la concurrence imparfaite – Monopole ; oligopole à produits homogènes ; oligopole à produits différenciés ; concurrence monopolistique. L’objectif ultime de la régulation est le maintien de conditions de concurrence saine sur ces structures de marché.

Dans la pratique, les régulateurs passent au peigne fin les pratiques d’abus de position dominante. A savoir les pratiques anticoncurrentielles pouvant être mise en œuvre par les acteurs dominants des marchés.

Dans cet exercice, les pratiques sont classées en deux catégories. Les pratiques condamnables per se telles que les cartellisations et les pratiques relevant de la règle de raison telles que les ventes à pertes.

Concrètement, contrairement aux pratiques condamnées per se par les régulateurs ; les pratiques de la seconde catégorie font toujours l’objet d’analyses approfondies avant toute prise de décision.

C’est pour cette raison que les régulateurs n’interdisent pas toutes les ventes à pertes. Une vente à perte quel que soit son niveau, et mise en œuvre par un acteur marginal d’un marché n’est point interdite par les régulateurs. Mais par contre, une vente à perte mise en œuvre par un acteur dominant va être scrutée par les régulateurs dans le but de découvrir si cette vente à perte ne se fait pas à un prix prédateur. C’est-à-dire, si l’acteur dominant du marché ne vend pas à un prix auquel il ne parvient pas à couvrir ses coûts variables. C’est dans cette seule éventualité que la vente à perte est condamnable par les régulateurs.

En définitive, il est important de noter que toute vente à perte n’est pas automatiquement condamnable par les autorités de régulation ; mais les ventes à pertes basées sur des prix prédateurs et mises en œuvre par des acteurs dominants est systématique condamnée après analyse des autorités de régulation. Car une telle pratique entre directement dans le lot des pratiques d’abus de position dominante.

M. Madou CISSE / FSEG

2026-04-09

Quelle structure de marché les politiques économiques doivent-elles encourager l’érection dans un pays donné ?

 Temps de lecture : 3 min

Série : Economie en question (N°52)

L’analyse des marchés en microéconomie s’intéresse à quatre principales structures de marché qui sont : la concurrence pure et parfaite ; le monopole pur ; l’oligopole à produits homogènes et la concurrence monopolistique.

L’objectif ultime de toutes les théories relatives à ces structures de marché est la détermination de leurs degrés d’efficacité à savoir le cumul des surplus des producteurs et ceux des consommateurs au minimum de coûts qu’elles assurent.

Il ressort clairement de ces analyses que la structure de marché la plus efficace est la concurrence pure et parfaite et la moins efficace est celle du monopole pur !

Entre ces deux structures extrêmes en termes d’efficacité, nous avons la structure de marché de concurrence monopolistique et celle de l’oligopole à produits homogènes.

En dézoomant sur ces deux structures il est admis qu’en deuxième position sur le plan de l’efficacité, vient l’oligopole à Bertrand. Suivi par l’oligopole à la Stackelberg. La quatrième place de l’efficacité des marchés est occupée par la concurrence monopolistique. La concurrence à la Cournot vient juste avant la structure de marché la moins efficace des différentes structures de marché à savoir : le monopole pur.

Ce classement des structures de marchés recommande de toujours privilégier les politiques économiques conduisant à l’érection des structures de marché concurrentiel. A défaut d’atteindre une telle organisation des marchés, il faut se rabattre sur des structures de marché oligopolistiques à la Bertrand. Si ce type de concurrence ne peut être aussi atteint ; le choix qui doit s’imposer est celle d’une concurrence à la Stackelberg. Ainsi de suite jusqu’à la structure de monopole qui doit être à tout prix évité sauf s’il s’agit des monopoles naturels.

Madou CISSE / FSEG

2026-04-02

Que retenir de l’efficacité de la structure de marché de concurrence monopolistique ?

 

Temps de lecture : 2 min

Série : Economie en question (N°51)

Les théories économiques mettent en évidence que la structure de marché la plus efficace est celle de la concurrence pure et parfaite (CPP) – car sur cette structure le prix de vente égalise le coût marginal de production et le minimum du coût unitaire de production – et la moins efficace est la structure de marché de monopole pur parce sur cette structure le prix de vente est largement supérieur au coût marginal de production. Quid de la structure de la concurrence monopolistique ?

Partant de la théorie de l’efficacité de la structure de marché de concurrence monopolistique, il est démontré que les entreprises évoluant sur une telle structure sont aussi moins efficaces que celles présentes sur les structures de marché de CPP et plus efficaces que les entreprises monopolistiques.

En concurrence monopolistique, les entreprises réalisent des profits économiques nuls comme celles qui évoluent en CPP. Mais contrairement à ces dernières, elles facturent un prix de vente supérieur au coût unitaire minimum (différence majeure !).

Cette situation d’inefficacité des entreprises de concurrence monopolistique est généralement le résultat de l’existence de capacités de production inutilisées présentes dans leurs processus de production. Par exemple, il n’est pas rare de constater que dans les stations-service des pompes qui ne sont qu’utilisées partiellement ou pas du tout. Cette situation conduit à écarter durablement leurs coûts unitaires de production de leur niveau minimal. Contrairement à la structure de CPP ; où les coûts de production des entreprises sont toujours orientés vers leurs niveaux moyens minimums de production.

Madou CISSE / FSEG

2026-03-26

Marché de l’eau minérale et marché de la monnaie mobile au Mali : deux marchés oligopolistiques et deux formes de concurrence

 Temps de lecture : 3 min

Série : Economie en question (N°49)

J’avais précisé dans la Série : Economie en question (N°48) disponible ici https://cequejepensemali.blogspot.com/2026/03/structure-de-marche-oligopolistique.html que sur les marchés de concurrence oligopolistique à produits homogènes, les entreprises peuvent choisir soit la quantité soit le prix comme variable stratégique de concurrence.

En réalité, le choix de la variable stratégique de la part des entreprises présentes sur le marché est loin d’être fortuit. Il est contraint par les spécificités techniques de production des produits offerts.

Ceci dit, si sur un marché oligopolistique à produits homogènes les entreprises font face à des contraintes de capacité de production, ce qui suppose que les capacités de production des entreprises présentes sur le marché sont limitées et ne peuvent être étendues au gré de la volonté des producteurs. Dans cette éventualité, les entreprises feront (sont obligées) le choix de la quantité à vendre comme variable stratégique de concurrence (donc, concurrence à la Cournot ou concurrence à la Stackelberg).

Par contre, si les capacités de production des entreprises présentes sur un marché oligopolistique ne pas contraintes ; la variable stratégique que choisiront les entreprises sera le prix – donc, la concurrence se fera sur ce marché à la Bertrand.

C’est ce qui explique que, pendant que les entreprises évoluant sur le marché oligopolistique de l’eau minérale au Mali se font la concurrence en quantité et à la Stackelberg car il y a contrainte de capacité de production sur ce marché(sources d’eau limitées par exemple) ; celles qui évoluent sur le marché de la monnaie mobile se font une concurrence en prix et à la Bertrand, car les capacités de production disponibles sur ce marché sont quasi illimitées mises en perspective par rapport à la taille du marché malien composée de moins de 22 millions de consommateurs potentiels.

Madou CISSE / FSEG

2026-03-12

EDM et l’Etat du Mali, que faire ?

 Temps de lecture : 5 min

La société Energie du Mali est une société industrielle et commerciale. Les deux adjectifs qualificatifs ainsi utilisés pour la caractériser en disent long sur l’hybridité de cette société au plan économique. Ces deux substantifs prouvent que pour fournir de l’électricité à ses clients, l’EDM doit évoluer sur les segments de la production, du transport et de la distribution de l’électricité.

Et si le principal problème d’électricité du Mali tire principalement ses sources de cette hybridité organisationnelle de l’EDM ?

Au plan économique, les segments de la production et du transport de l’électricité utilisent des facilités essentielles – c’est-à-dire des installations ou des équipements dont la duplication ne peut être considérée comme raisonnablement efficace d’un point de vue économique – il s’agit des centrales thermiques, des centrales hydroélectriques, des câbles, des poteaux dans le cas de l’EDM. Ces facilités essentielles générant principalement des coûts fixes induisent des économies d’échelle (baisse du coût total moyen de production au fur et à mesure que le niveau de production augmente). Celles-ci à leur tour conduisent généralement à l’érection d’un monopole naturel.

Le segment de la distribution c’est-à-dire la gestion des derniers mètres du réseau électrique qui sont en contact direct avec les clients finals ne peut être qualifié de monopole naturel. L’évidence de cette conclusion réside dans l’absence de facilités essentielles sur ce segment. Et c’est sur ce dernier segment que toute l’activité commerciale de l’EDM se concentre principalement vis-à-vis de ses clients finals (ménages et entreprises). Ce segment joue un rôle central dans le raccordement de ses clients, la gestion des factures et d’autres prestations personnalisées.

Les développements ainsi présentés permettent de conclure que l’EDM en tant que société industrielle et commerciale chevauche deux entités aux caractéristiques économiques différentes. La première étant soumise aux conditions d’organisation d’un monopole naturel et la seconde aux caractéristiques d’une structure oligopolistique.

Cette ambivalence de l’emprise de l’EDM sur ces deux (02) entités est à la base du dysfonctionnement structurel de cette société dont les soubresauts se font sentir présentement (hormis des problèmes de manque de vertu inhérents aux comportements quotidiens de l’Homme malien du 21ème siècle).

Dans un tel contexte, je pense sincèrement que les mesures conjoncturelles ne seront que des coupe-feux. Dit autrement, seules des mesures structurelles appropriées peuvent éteindre le feu au lieu de le couper !

Je propose trois principales mesures. (1) Le démantèlement structurel de la société Energie du Mali en deux sociétés distinctes dont les capitaux seront majoritairement ouverts aux actionnaires privés. La première s’occupant de la production et du transport de l’électricité car ces deux segments sont des monopoles naturels. Une deuxième société intervenant sur le segment de la distribution. Celle-ci détenue par la « nouvelle » EDM dont le capital sera exclusivement privé. (2) Ouvrir ce dernier segment à la concurrence car il est structurellement oligopolistique. (3) Mettre en place une autorité indépendante chargée de la régulation des nouvelles entités ayant vu le jour.

En optant pour de telles mesures une chose sera sûre et certaine l’électricité ne deviendra plus comme « le maïs frais du sahel » au Mali et son prix réel sera obligatoirement réduit du fait des vertus de la concurrence qui seront à l’œuvre parce que l’ère de la liberté et de la responsabilité aura sonné.

Madou CISSE / FSEG

2026-03-05

Structure de marché oligopolistique à produits homogènes : pourquoi la structure du jeu fait toute la différence ?

Temps de lecture : 3 min

Série : Economie en question (N°48)

La différence majeure qui existe entre les structures de marché de concurrence pure et parfaite (CPP), de monopole pur d’un côté et celle du marché oligopolistique de l’autre réside dans le fait que contrairement aux deux premières structures citées, sur la structure de marché oligopolique les offreurs sont en interaction stratégique. Et cela change TOUT !

Qui parle d’interaction stratégique parle forcement de jeu. La compréhension du fonctionnement de la structure de marché oligopolistique passe obligatoirement par une intelligibilité préalable des structures de jeu qui peuvent être à l’œuvre sur le marché d’oligopole à produits homogènes.

L’organisation oligopolistique des marchés s’appuie sur deux principales structures de jeu. A savoir, le jeu à information imparfaite ou jeu simultané et le jeu à information parfaite ou jeu séquentiel.

Sur le marché oligopolistique, deux théories s’appuient sur la structure de jeu à information imparfaite. Il s’agit de la théorie de la concurrence à la Cournot et de la théorie de la concurrence à la Bertrand. Pendant que la théorie de la concurrence à la Stackelberg repose sur les préceptes de la structure de jeu à information parfaite.

Une fois que la structure du jeu est fixée, l’étape suivante sur les structures de marché oligopolistiques consiste à retenir la variable stratégique sur laquelle se fait la concurrence entre les entreprises présentes sur ces marchés. Les variables stratégiques disponibles sur les marchés oligopolistiques à produits homogènes sont au nombre de deux : la quantité à produire et le prix de vente.

Si les entreprises présentes sur ce marché se font la concurrence en choisissant la quantité comme variable stratégique, la concurrence ne peut être que soit à la Cournot (jeu à information imparfaite) soit à la Stackelberg (jeu à information parfaite). Par contre, si les entreprises choisissent le prix de vente comme la variable stratégique, la concurrence ne peut être qu’à la Bertrand.

Selon vous, les entreprises évoluant sur le marché de la monnaie mobile au Mali ont-elles adopté le prix ou la quantité comme variable stratégique ? Et la concurrence sur ce marché se fait-elle à la Cournot ? ou à la Stackelberg ? ou à la Bertrand ?

Je répondrai à cette série de questions dans la Série : Economie en question (N°49) que je publierai très prochainement.

Madou CISSE / FSEG

2026-02-26

Affaire Wave : quand Goliath bénéficie d’un coup de pouce face à David

Temps de lecture : 7 min

Le triomphe de l’économie de marché sur l’économie planifiée à l’orée des années 1980 a conduit à des processus de dérégulation de secteurs entiers des économies à travers le monde (fin de l’Etat providence oblige !). Des monopoles publics ont laissé la place à des structures de marché oligopolistiques. Pour mettre de l’ordre dans ce processus, des autorités de régulation sectorielles sont mises en place afin de surveiller le bon fonctionnement des marchés en ayant comme principal crédo le maintien de conditions de concurrence loyale.

Pour atteindre cet ultime objectif, des lois de concurrence ont été édictées inspirées principalement par le Sherman Antitrust Act de 1890.

Dans cette mouvance, l’Union Économique et Monétaire Ouest-Africaine (UEMOA) établissait dans son Traité du 10 janvier 1994 et modifié le 29 janvier 2003, au chapitre II, section III, paragraphe 4 (règles de concurrence), en son article 88 des interdictions spécifiques a) aux ententes ; b) aux abus de position dominante et enfin c) aux aides des Etats membres pouvant nuire à l’idéal de la concurrence.

La position dominante oui, son abus non

Le traité de l’UEMOA, comme tous les textes similaires ne condamne pas la position dominante. Mais, il condamne un usage abusif de cette position. A l’image d’un enseignant qui ne peut condamner les performances intellectuelles de son meilleur élève. Mais qui serait prêt à punir ce dernier s’il triche pour avoir de telles performances.

Si une entreprise a la capacité de se comporter dans une mesure appréciable, de manière indépendante de ses concurrents, de ses clients et, en fin de compte, des consommateurs, elle est dite se trouver en position dominante sur ce marché en question ou détenir une puissance significative sur ce marché.

L’abus de position dominante peut se manifester par des pratiques de prix prédateurs, de ventes liées, de ciseaux tarifaires, de refus de vente, de prix excessifs etc. Ces différentes pratiques et d’autres similaires ne peuvent avoir droit de cité sur les marchés des pays à économie de marché.

La détermination des parts de marchés de chaque entreprise présente sur un marché pertinent permet de détecter l’entreprise disposant une position dominante. Généralement, une part de marché supérieure à 50% confère à l’entreprise détentrice d’un tel niveau de part de marché l’attribut d’entreprise en position dominante.

Le marché de la monnaie mobile au Mali

Le marché de la monnaie mobile au Mali, selon le rapport d’activité de 2024 de l’Autorité Malienne de Régulation des Télécommunications /Tic et des Postes (AMRTP), ce marché est dominé par deux fournisseurs à savoir la société Orange Finance Mobile Mali (OFMM) opérant sous la marque Orange Money et la SOTELMA opérant sous la marque Moov money.

Ces deux fournisseurs en 2024 avaient respectivement 74% et 26% de parts de marché. Par voie de conséquence, je déduis que la société Orange Finance Mobile Mali (OFMM) occupait indiscutablement la position dominante sur ce marché pertinent. Les autres, surtout celles qui n’apparaissaient pas dans le rapport de manière chiffrée telles que Sama Money et Wave ne peuvent qu’avoir des parts de marché quasiment nulles en 2024.

Wave peut-elle nuire à la concurrence ?

La réponse à cette ultime question exige de répondre préalablement aux questions suivantes : Wave évolue-t-elle sur le même marché pertinent que la société Orange Finance Mobile Mali (OFMM), la SOTELMA et Sama Money ? Sur ce marché pertinent, à supposer qu’il existe, Wave occupe-t-elle une position dominante ? La pratique tarifaire mise en œuvre par Wave qui a été sanctionnée est-elle une pratique anticoncurrentielle selon le point b) de l’article 88 du Traité modifié de l’UEMOA du 29 janvier 2003 ?

Si la pratique tarifaire mise en œuvre par Wave a entrainé « un afflux important de consommateurs vers les services de WAVE » ; ce mouvement de consommateurs peut être considéré comme appartenant au faisceau d’indices conduisant à établir un certain niveau de substituabilité entre les services de Wave et ceux des autres fournisseurs (donc, existence d’élasticité-prix croisée positive entre les différents services offerts). Cet indice peut permettre de conclure que Wave se trouve sur le même marché pertinent que les trois autres sociétés.

La part de marché de Wave sur ce marché pertinent est quasiment nulle. Car sur la base des statistiques de l’AMRTP (2024), les parts de marchés cumulées de la société Orange Finance Mobile Mali (OFMM) et la SOTELMA faisaient 100% en fin 2024. Ce qui conduit à conclure que Wave n’est pas en position dominante sur le marché pertinent de la monnaie mobile au Mali.

L’article 88 point b) du Traité modifié de l’UEMOA condamne les abus de position dominante. Ce qui permet de soutenir que, pour qu’une pratique d’une entreprise soit considérée comme anticoncurrentielle sur la base dudit article, il faut nécessairement que l’entreprise qui la pratique soit d’abord en situation de position dominante. Ce qui est loin d’être le cas de Wave. Donc, la pratique tarifaire incriminée et mise en œuvre par Wave ne peut être considérée comme anticoncurrentielle sur le marché pertinent de la monnaie mobile au Mali.

La pratique tarifaire de Wave est-elle réellement une vente à perte ? Répondre par l’affirmative à cette question ne peut qu’être le résultat d’un raisonnement spécieux.

Avant la création du Fonds de soutien, Wave offrait ledit service à 1% ce qui représente sa marge bénéficiaire. Après l’instauration du Fonds de soutien ce taux devait atteindre 2%. En optant pour cette majoration, Wave allait toujours garder sa marge de 1%. Mais quand Wave décide de ne pas majorer (maintenir toujours 1%), elle décide de réaliser un profit économique nul (mais pas un profit comptable nul). Donc, elle ne vend pas à perte le service.

En définitive, remettre en cause la politique tarifaire récente de la société Wave ne peut être que regrettable ; car cette pratique venant d’un acteur marginal sur un marché pertinent ne peut être qualifiée aucunement de pratique anticoncurrentielle.

Madou CISSE / FSEG

2026-02-19

Marché de concurrence imparfaite : de l’oligopole au duopole

 Temps de lecture : 2 min

Série : Economie en question (N°47)

Quel est le principal point commun entre le marché de l’eau minérale, le marché de la télécommunication voix, le marché de l’Internet mobile, le marché du transfert d’argent mobile, le marché de la boisson gazeuse sucrée et non alcoolisée au Mali ?

Tous ces marchés ont en commun la même structure ou mode d’organisation. Ils sont tous organisés de manière oligopolistique.

Un marché est dit être organisé de manière oligopolistique s’il présente :

Du côté de l’offre (1) quelques offreurs ; (2) ces offreurs sont protégés par des barrières qui peuvent être légales, naturelles (contrôle de ressources naturelles) ; ou les externalités. (3) les offreurs sont toujours en interaction sur ce type de marché.

Du côté de la demande, les produits offerts sur ce type marché peuvent être considérés par les demandeurs comme homogènes ou hétérogènes (différenciés). Si les demandeurs considèrent les produits offerts comme homogènes, le marché en question est considéré comme un oligopole à produits homogènes. Tandis que, si les produits offerts sont considérés comme différenciés par les consommateurs, l’oligopole est dit à produits hétérogènes ou différenciés.

Le cas particulier d’une structure de marché oligopolistique formée exclusivement par deux entreprises est appelé duopole ou structure de marché duopolistique.

Madou CISSE / FSEG

2026-02-12

Comment réguler le monopole pur ? (2ème partie)

Temps de lecture : 4 min

Série : Economie en question (N°46)

Dans la série N°45 disponible ici https://cequejepensemali.blogspot.com/2026/02/temps-de-lecture-3-min-serie-economie.html j’ai présenté la régulation-prix du monopole pur. Dans la présente, je fais le focus sur les modes de régulation hors prix, spécifiquement la discrimination tarifaire.

Les modes de régulation hors prix comme leur nom l’indique, à travers ces modes de régulation, les autorités de régulation ne visent pas directement le prix de vente que fixe le monopoleur. Mais, elles utilisent des moyens indirects pour le discipliner afin qu’il réduise son inefficacité productive et allocative.

Parmi ces modes de régulation, le présent papier présente les discriminations tarifaires. Il y a discrimination tarifaire si le vendeur vend le même produit à différents acheteurs et à différents prix.

L’implémentation de la discrimination tarifaire est conditionnée par deux principales règles. Il faut (1) que le vendeur dispose d’un pouvoir de marché (donc, existence d’effet poison). Cette condition permet de comprendre en creux que les entreprises évoluant sur des structures de marché proches de la concurrence pure et parfaite ne peuvent pas discriminer ; car elles ne disposent pas de pouvoir de marché. (2) le vendeur doit être capable d’empêcher la revente.

Il existe trois (03) principales formes de discriminations tarifaires qui peuvent être regroupées en deux grandes catégories. Dans la première catégorie de discrimination tarifaire le vendeur dispose d’information parfaite soit sur la capacité des acheteurs soit sur leurs identités. Dans la deuxième catégorie, le vendeur ne dispose pas d’information précise sur les acheteurs. Dans ce cas, il laisse à chaque acheteur de s’auto-révéler.

Dans la première catégorie de discrimination tarifaire, je mets la discrimination du premier degré ou discrimination parfaite et la discrimination tarifaire du troisième degré.

§  La discrimination du premier degré ou discrimination parfaite

Dans ce mode de discrimination tarifaire, le monopoleur fixe pour chaque acheteur un prix de vente égal à sa disponibilité à payer qu’il est sensé connaître au préalable. Sans pourtant que les différentes disponibilités à payer ne soient pas inférieures au coût marginal de production du produit vendu.

§  La discrimination tarifaire du troisième degré

Une telle discrimination tarifaire exige du monopoleur de vendre son produit en fonction d’une des caractéristiques des acheteurs. Dans cette optique, le monopoleur segmente son marché en plusieurs strates.

C’est ce mode de discrimination tarifaire que la SOMAGEP SA a mis en œuvre à travers son projet de « branchements sociaux » en 2019.

Dans la deuxième catégorie de discriminations tarifaire, il y a la discrimination du deuxième degré ou discrimination basée sur la quantité.

§  La discrimination du deuxième

Cette discrimination conduit le monopoleur à accorder des réductions en fonction de la quantité achetée. Elle permet d’avoir le produit vendu par le monopoleur à des prix unitaires plus faibles.

Ce mode de discrimination tarifaire est mis généralement en œuvre au Mali par les prestataires de services de photocopies. Car plus le nombre de copies augmente au-delà d’un certain seuil, le prix unitaire par copie baisse à la suite des réductions que peut accorder le vendeur.

Madou CISSE / FSEG

2026-02-05

Comment réguler le monopole pur ? (1ère partie)

 Temps de lecture : 3 min

Série : Economie en question (N°45)

Le monopole pur est la structure de marché la plus inefficace. Cette inefficacité est concrétisée par l’importance de la perte sèche (que j’ai appelée la partie « Bougouni examen du monopole pur » dans la Série : Economie en question (N°44) disponible ici : https://cequejepensemali.blogspot.com/2026/01/temps-de-lecture-3-min-serie economie_0654725693.html qu’il génère.

C’est en raison de cette inefficacité chronique du monopole pur que les économistes de tous bords (orthodoxes et hétérodoxes) proposent de réguler les entreprises monopolistiques.

La régulation du monopole pur peut se faire de deux façons principales que sont la régulation visant le prix fixé par le monopoleur et la régulation hors prix.

Dans la suite, je mets la focale uniquement sur la régulation-prix.

Une telle mesure de régulation exige de la part du monopoleur de fixer le prix de son produit à un niveau préalablement fixé par les autorités.

Dans cette perspective, il y a la régulation optimale ou la régulation du premier rang. En optant pour une telle régulation, le prix du monopole pur doit égaliser le coût marginal de production du produit.

Dans la régulation du deuxième rang, les autorités exigent que le monopole fixe le prix de son produit égalisant son coût unitaire de production.

La régulation de premier rang et celle du deuxième rang déséquilibrent le compte opérationnel du monopole pur. Elles exigent dans ce cas de la part des autorités de subventionner le monopole pur afin qu’il puisse équilibrer son compte et pouvoir continuer à produire le produit.

Madou CISSE / FSEG

2026-01-29

Pourquoi la structure de marché de monopole pur est-elle la moins efficace de toutes les structures de marché ?

Temps de lecture : 3 min

Série : Economie en question (N°44)

Si la structure de marché la plus efficace est la concurrence pure et parfaite (CPP), la structure de marché la moins efficace en économie est celle du monopole pur (MP).

L’efficacité d’une structure de marché se mesure par la capacité de cette structure à fixer un prix de vente tendant vers le minimum du coût unitaire de production du produit tout en assurant la quantité la plus élevée possible. En cette matière, il est démontré et admis que la CPP est l’organisation de marché qui fait mieux que toutes les autres structures de marché. Car, la CPP fixe à long terme un prix qui égalise le minimum du coût unitaire de production tout en offrant plus de quantité du produit. Dans cette perspective, le monopole pur est la structure qui est la moins efficace, car elle fixe un prix suffisamment éloigné de son coût unitaire minimum de production tout en offrant des quantités inférieures à celles qui pourraient être produites en situation de CPP.

La présence simultanée de cette double perte – fixation d’un prix de vente supérieur au minimum du coût unitaire de production et la production d’une quantité moindre par rapport à la situation de CPP – que génère le MP conduit à l’existence de la perte sèche.

La perte sèche porte bien son qualificatif. La perte est « sèche » car le monopoleur de par son comportement (via son pouvoir de marché) fait exprès de fixer un prix de vente de son produit supérieur au minimum de son coût unitaire de production tout en restreignant son niveau de production. Ce comportement conduit à évincer du marché (1) une partie des acheteurs de son produit et (2) à contracter ses recettes qu’il pourrait engranger en offrant les quantités éliminées. In fine, c’est toute l’économie entière qui perd en termes de bien-être économique. C’est cette perte de bien-être engendrée par le monopole pure par rapport à la situation de concurrence pure et parfaite qui est nommée « perte sèche » que j’appelle par analogie « la partie Bougouni examen » du monopole pur !

Madou CISSE / FSEG

2026-01-22

Le pouvoir de marché du monopoleur est toujours tempéré par l’effet poison

Temps de lecture : 3 min

Série : Economie en question (N°43)

Si la structure de marché de concurrence pure et parfaite (CPP) est formée par des entreprises atomisées ne disposant aucun pour pouvoir de marché ; celle du monopole pur (MP) se traduit par l’existence d’une seule entreprise qui disposerait un pouvoir de marché.

Le pouvoir de marché est la capacité qu’une entreprise dispose, lui permettant de fixer le prix de vente de son produit sans être inquiétée par la concurrence.

Si le pouvoir de marché peut être considéré comme un avantage pour une entreprise, sa détention par celle-ci rime toujours avec un désavantage majeur que les économistes appellent « effet poison ».

La détention de pouvoir de marché par une entreprise est révélée par l’existence d’une relation décroissante entre le prix de vente du produit et la quantité vendue (courbe de demande de l’entreprise ayant une allure décroissante). C’est cette relation négative qui est appelée « effet poison ». Cette relation suppose que même si l’entreprise a la latitude de fixer le prix de vente de son produit, elle est aussi consciente que plus elle inonde le marché par son produit, plus elle sera obligée de vendre les quantités supplémentaires à des prix de plus en plus bas (effet poison).

Du développement fait supra, je retiens que (1) l’absence de pouvoir de marché (courbe de demande de l’entreprise ayant une allure horizontale) n’est pas forcément synonyme de désavantage absolu, car en CPP, les entreprises vendent toutes les quantités qu’elles peuvent produire et au même prix à savoir celui du marché ; donc, pas d’effet poison sur cette structure. (2) la présence de pouvoir de marché en situation de monopole n’est pas non plus synonyme d'avantage absolu, car la seule entreprise présente sur le marché est toujours contrainte par l’existence de l’effet poison.

Madou CISSE / FSEG

2026-01-15

Pourquoi les monopoles existent dans nos économies contemporaines malgré leurs inefficacités ?

Temps de lecture : 3 min

Série : Economie en question (N°42)

La structure de marché de monopole pur est la structure de marché la moins efficace parmi les cinq (05) façons suivant lesquelles un marché peut être organisé. L’inefficacité de la structure de marché de monopole pur est caractérisée par sa capacité à fixer un prix de vente suffisamment supérieur à celui fixé sur une structure de marché de concurrence pure et parfaite (CPP) qui est égal normalement à long terme au minimum du coût unitaire.

Alors pourquoi, dans la vie réelle, existent-ils des marchés qui sont organisés de manière monopolistique ?

La réponse de l’économie positive à cette question ne souffre d’aucune ambigüité. Car, elle soutient que les monopoles existent dans nos économies contemporaines parce qu’il existe « quelque chose » qui empêche les autres entreprises d’entrer sur ces marchés organisés de manière monopolistique. C’est ce « quelque chose » qui est appelé par les économistes « les barrières à l’entrée ».

Ces barrières à l’entrée sont en réalité au nombre de cinq (05) à savoir (1) les barrières légales, (2) le contrôle des ressources naturelles ou critiques, (3) la supériorité technologique, (4) les économies d’échelle et enfin, (4) les externalités.

Par exemple au Mali, nous constatons que la distribution de l’électricité urbaine est assurée par une seule entreprise (EDM), parce que cette entreprise est protégée par une barrière légale pour ce qui concerne ce segment. Pendant que ses deux autres segments de la production et du transport qui sont aussi monopolistiques sont protégés par l’existence d’une barrière naturelle à savoir, les économies d’échelle.

Madou CISSE / FSEG

2026-01-08

La SOMAGEP-SA est un monopole et non un monopole pur

 Temps de lecture : 4 min

Série : Economie en question (N°41)

Si la structure de marché de concurrence pure et parfaite (CPP) est la structure de marché de référence en termes d’efficacité économique – absence de perte sèche en raison de sa capacité à imposer un prix de vente égal au minimum du coût unitaire de production à long terme – la structure de marché de monopole pur est considérée à raison comme la structure de marché de référence la plus inefficace.

La structure de marché de monopole pur à l’image de la CPP est une théorie qui idéalise l’organisation monopolistique des marchés existant dans la vie réelle, car cette structure de marché se définit comme une structure de marché sur laquelle est vendu un produit qui ne dispose pas de substitut.

La structure de marché de monopole pur présente les caractéristiques suivantes :

-          Côté offre : la production du produit est assurée par une seule entreprise qui vend le produit.

-          Côté offre : l’entrée de la structure de ce marché est protégée par des « choses qui empêchent » d’autres entreprises d’entrer sur le même marché. Quant à la sortie de la structure de ce marché, elle est bloquée par le poids des coûts irrécupérables à supporter en cas de faillite.

-          Côté demande : l’homogénéité du produit est admise par tous les demandeurs (donc, produit non différencié).

-          Côté offre / côté demande : cette structure de marché obéit aux mêmes conditions que les structures de jeux à information imparfaite. Cela suppose que chaque joueur, qu’il soit vendeur ou consommateur n’est pas informé de toutes les stratégies jouées (prix, qualité, localisation etc.) en prenant sa décision.

La structure de marché de monopole pur (qui est théorique) ne doit point être confondue avec une structure de marché de monopole présente dans la vie réelle – car il est quasiment impossible d’avoir dans la réalité un monopole qui vend un produit ne disposant pas de substituts proches.

Par exemple, la structure de marché de l’eau potable est monopolistique au Mali. Mais l’entreprise évoluant sur ce marché à savoir la Société Malienne de Gestion de l'Eau Potable (SOMAGEP-SA) ne peut être considérée comme un monopole pur dans la mesure où le produit vendu par la SOMAGEP (l’eau potable) dispose de nombreux substituts proches tels que l’eau des puits, des forages et même celle des rivières et fleuves sous certaines conditions de stérilisation.

L’organisation monopolistique à l’opposé de la CPP est la structure de marché la plus inefficace. Mais malheureusement, même avec une inefficacité sans pareille, l’organisation économique ne peut se passer dans certains cas des monopoles. Pourquoi ? C’est ce que la Série : Economie en question (N°42) abordera.

Madou CISSE / FSEG

La polygamie ou le dilemme du prisonnier

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