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Selon vous, quels sont les points communs
entre les deux (02) situations suivantes : (a) les actionnaires d’une
banque malienne confient la gestion de leur banque à un Directeur Général (DG) et
(b) une malienne confie l’exécution de ses travaux ménagers à une aide-ménagère
ou « bonne » ?
Dans les deux cas de figure ainsi présentés,
on peut noter que le Directeur Général et la « bonne » travaillent
tous les deux sous les ordres d’autorités qui leur sont hiérarchiquement
supérieures – pour le DG, ce sont les actionnaires et pour la « bonne »
c’est sa Patronne. En plus, dans leurs relations respectives (Actionnaires-Directeur
Général d’un côté et Patronne-« bonne » de l’autre) ;
l’existence de divergence d’intérêts ne peut être écartée. Par exemple, pendant
que le DG désirerait améliorer sa propre condition (à travers son salaire, son
logement, sa voiture, etc.), les actionnaires veulent plus de dividende. De
même pour la « bonne » ; quand cette dernière désirait faire le
minimum de travaux puis se reposer, la patronne escompterait sur un rendement
maximal. Un autre point commun entre les deux situations est que le DG et la
« bonne » sont les seuls à décider les efforts nécessaires qu’ils veulent
déployer au quotidien dans l’accomplissement de leurs tâches respectives (aléa moral).
Dans les activités quotidiennes de la vie,
des situations semblables à celles du DG et de la « bonne » sont
légion. Ce sont des situations dans lesquelles il y a (1) divergence d’intérêts
entre les parties ; (2) détention d’information privée – ou asymétrie
d’information de type aléa moral.
Théorie de l’agence ou théorie du Principal-Agent
Heureusement, pour de telles situations, la
bonne nouvelle est qu’il existe des mécanismes incitatifs que les actionnaires ou
la Patronne peuvent mettre en place pour gommer ces divergences d’intérêts et
amener leurs travailleurs respectifs à agir comme ils le souhaiteraient.
En sciences économiques, les préceptes
développés par la théorie de l’agence ou théorie du Principal-Agent sont
mobilisés pour apporter des solutions aux défaillances causées par de telles
situations.
Cette théorie est toujours mobilisée dans les
cas où il y a (1) divergence d’intérêts ; (2) asymétrie d’information de
type aléa moral et (3) existence de réponses institutionnelles via les contrats
ou d’autres moyens incitatifs.
Dans le but d’inciter le DG et la
« bonne » à fournir les efforts nécessaires conduisant au rendement
maximal de leurs parts ; les actionnaires et la Patronne doivent leur
assurer des conditions de travail dans lesquelles ils constatent que la
fourniture de l’effort optimal est la seule situation qui peut leur assurer à
eux-mêmes le bien-être le plus élevé !
Concrètement, les actionnaires et la Patronne
doivent permettre que le DG et la « bonne » soient les premiers
bénéficiaires des retombées de toutes les initiatives qu’ils prendront dans le
cadre de l’exécution quotidienne de leurs tâches respectives.
A la lumière des solutions que préconise la
théorie de l’agence, dans toute relation Principal-Agent, comme celle qui
existe entre Patronne et « bonne », la pire des choses à faire dans une
telle situation est l’usage de la menace. Par contre, seules les mesures
incitatives appropriées doivent avoir voix au chapitre pour un déploiement de
l’effort optimal de la part de l’Agent à savoir la « bonne » qui est
malheureusement la seule dépositaire de cet effort.
Madou CISSE / FSEG
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