2026-05-07

La polygamie ou le dilemme du prisonnier

Temps de lecture : 3 min

La vie est comme une scène de jeux à ciel ouvert. Un jeu suppose l’existence de quatre principales choses. Les règles du jeu, les joueurs, les actions ou stratégies à entreprendre et les paiements (positifs ou négatifs). Dans la vie de tous les jours, les Hommes sont en interactions perpétuelles et pour atteindre leurs objectifs, ils sont obligés de mettre en œuvre diverses stratégies qui leur apportent des gains ou pertes appelés les paiements. Et tout cet écosystème est soumis dans son fonctionnement à diverses règles relevant des us et coutumes ou du droit positif.

Les Hommes en participant de manière quotidienne aux différents jeux, atteignent ce que les théoriciens des jeux appellent « équilibre » ; situation dans laquelle chaque joueur joue sa meilleure stratégie ou meilleure action.

Parmi la multitude de jeux qui existe et à laquelle les Hommes participent au quotidien, il y a un jeu qui est devenu célèbre par sa capacité à décrire moult situations de la vie réelle. Ce jeu est appelé très à propos « le dilemme du prisonnier ».

Toute situation de la vie réelle dans laquelle les joueurs en interaction ne coopèrent pas pour faire émerger une solution consensuelle doit être considérée comme un jeu non coopératif. Songez par exemple aux antagonismes qui existent entre coépouses dans les foyers polygames; ou aux oppositions entre partis politiques ou aux différends entre pays en temps de guerre etc.

Si en plus de cette non coopération entre les joueurs, la solution à laquelle les joueurs aboutissent est moins optimale (moins meilleure) que celle qu’ils pouvaient avoir s’ils coopéraient ; alors le jeu en question portera le sobriquet de « dilemme du prisonnier ».

Par exemple, dans un foyer polygame, généralement, au lieu que les coépouses créent un climat de coopération entre elles ; les femmes du foyer s’inscrivent dans un jeu non coopératif. En optant pour un tel choix, la situation du foyer deviendrait moins stable que si les femmes avaient opté pour la coopération (jeu coopératif). Une telle situation présente exactement les conditions d’équilibre dépeintes par la théorie du dilemme du prisonnier.

Ce même résultat où la coopération entre les parties est meilleure – car conduisant à de meilleures conditions que la non coopération – est visible dans les pays en guerre ou entre pays en guerre. Dans la mesure où l’instauration d’un jeu coopératif conduirait à moins de souffrance que celle d’un jeu non coopératif où chaque partie s’arcboute à ses positions tout en évitant de pleinement saisir les conditions de coopération possibles.

Madou CISSE / FSEG

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