2025-07-17

+0,5% de pouvoir d’achat réel apporté par les majorations de la valeur du point d’indice

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Le communiqué du Conseil des Ministres du 09 juillet 2025 (disponible à l’adresse https://sgg-mali.ml/ccm/communiqu-du-conseil-des-ministres-du-09-juillet-2025.pdf) présente en son point 2 un projet de décret portant majoration des traitements indiciaires des fonctionnaires de l’Etat et des Collectivités territoriales, des salaires de base du personnel de l’administration relevant du Code du Travail, du personnel enseignant contractuel de l’Etat et du personnel enseignant contractuel des Collectivités territoriales.

Focus sur la valeur du point d’indice

Les futures majorations présentées dans ledit projet de décret concrétisent en partie la mise en œuvre du Pacte de Stabilité sociale et de Croissance, signé le 25 août 2023 entre le Gouvernement, le Patronat et les Organisations syndicales.

Spécifiquement, ledit projet de décret présente trois (03) valorisations successives sur cinq (05) ans de la valeur du point d’indice, allant du 1er janvier 26 au 1er janvier 2030 pour une incidence financière estimée à 103.965.177.710 francs CFA sur cinq ans soit une incidence annuelle de près de 20,8 milliards de francs CFA.

La valeur du point d’indice augmentera de +22 F CFA sur la période du 1er janvier 2026 au 31 décembre 2027 passant de 400 F CFA à 422 F CFA. Elle haussera pour compter du 1er janvier 2028 au 31 décembre 2029 de +23,21 F CFA par rapport aux 422 F CFA pour être fixée à 445,21 F CFA. Enfin, en janvier 2030, elle prendra un embonpoint de +24,48655 F CFA par rapport aux 445,21 F CFA de la précédente période pour être calée définitivement à 469,69655 F CFA.

Valorisation du point d’indice et pouvoir d’achat

L’analyse des futures augmentations promises par le Gouvernement de la Transition permet de noter que la valeur du point d’indice passera en cinq (05) ans de 400 F CFA à 469,69655 F CFA. Ce qui représente une hausse de 17,42% en cinq ans pour une augmentation annuelle moyenne de 3,484% de ladite valeur.

Ce gain de pouvoir d’achat annuel (soit +3,484%) par les fonctionnaires d’Etat et des Collectivités va être logiquement rogné par l’inflation. Sur la période 2020-2024 (soit cinq ans), le taux d’inflation annuel moyen au Mali a été 2,98% (https://fr.tradingeconomics.com/mali/inflation-cpi ). Ce niveau d’inflation me permet de soutenir qu’en définitive, le gain réel de pouvoir d’achat consécutif aux différentes majorations serait de +0,5% toutes choses égales par ailleurs. Evidemment, ce gain de pouvoir d’achat n’intègre pas les gains liés aux deux avancements catégoriels auxquels les fonctionnaires peuvent prétendre durant les cinq (05) ans que prendront les valorisations de la valeur du point d’indice. Même si c’est inutile de rappeler que ces mesures catégorielles d’augmentation des salaires sont marginales en termes d’impact réel sur le niveau de vie des fonctionnaires à court terme.

Une autre problématique importante que ces différentes majorations de la valeur du point d’indice mettent sur la table est relative à un éventuel impact de ces majorations sur le niveau de l’inflation au Mali (l’inflation créée par la demande).

Dans la mesure où les préceptes de l’économie standard soutiennent qu’une augmentation du niveau des salaires à productivité constante des travailleurs conduit à une hausse de l’inflation. Dans le cas d’espèce, est-ce que ces augmentations de la valeur du point d’indice peuvent-elles booster le potentiel productif des agents publics ? Je réponds par la négative.

Ces majorations en réalité ne sont pas fixées à la suite d’un dialogue relatif au partage de la valeur ajoutée créée dans le pays ; mais elles sont en réalité le fruit d’un bras de fer gagné par les travailleurs. En d’autres termes, ces augmentations sont déconnectées des productivités des bénéficiaires et du niveau des valeurs ajoutées créées dans le pays durant les dernières années.

Face à un tel tableau, je trouve que c’est légitime de craindre des épisodes d’inflation consécutifs aux différentes majorations ou une baisse significative des dépenses d’investissement que devraient faire normalement les différents gouvernements qui vont se succéder et cela même si les taux de majorations accordés semblent être en phase avec les taux de croissance de l’économie malienne enregistrés jusqu’à présent.

Madou CISSE

FSEG

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