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Série : Economie en question (N°56)
Le prix réel ou prix relatif ou rapport entre
deux prix de biens et services permet d’établir combien d’unités d’un second
bien ou service une unité d’un autre bien ou service peut acquérir. Cet outil
est très puissant sur le marché des biens et services afin de déterminer dans
quelle proportion les substitutions peuvent se faire entre différents biens et
services sur ce marché.
L’équivalent du prix réel sur le marché des
capitaux est le taux d’intérêt réel ; pendant que celui du prix nominal
sur ce marché est le taux d’intérêt nominal.
Si vous achetez un livre à 10.000 F CFA et un
kilogramme de viande à 5.000 F CFA – ces deux achats se font sur le marché des
biens et services – les montants que vous payez pour acquérir le livre et le kilo
de viande sont appelés par les économistes les prix nominaux ou encore les prix
faciaux des biens et services achetés.
Si vous voulez savoir un livre fait combien
de kilo de viande ou un kilo de viande fait combien de livre, vous devez déterminer
alors le prix réel, en faisant un rapport entre les deux prix nominaux. Ce rapport
qui est 2 (soit 10.000/5.000) ou 0,5 (soit 5.000/10.000). Ce rapport permet d’établir
que sur ce marché, un livre permet d’avoir deux kilos de viande ou un kilo de
viande permet d’avoir un demi livre.
Si vous êtes sur le marché des capitaux – banques ;
microfinances ; fintech ; bourse – vous êtes soumis au « diktat »
des taux d’intérêt nominal et réel. Car si vous voulez emprunter une somme
auprès d’une banque par exemple ; le banquier pourrait vous dire qu’il
vous prête ledit montant à un taux d’intérêt de 12%. Ce taux d’intérêt qui est
convenu entre vous le banquier est appelé par les économistes le taux d’intérêt
nominal. Et c’est ce taux d’intérêt que vous verrez sur votre contrat de prêt. Pour
les économistes (surtout mainstream) ce taux d’intérêt à l’image du prix
nominal des biens et services n’a pas assez de pouvoirs explicatifs sur l’impact
économique de l’emprunt contracté auprès de la banque. C’est pour cette raison,
il faut mettre en perspective, le montant de l’emprunt et le niveau de taux d’intérêt
réel qui n’est pas écrit sur le contrat de prêt.
Ce taux d’intérêt réel s’obtient en fait la
différence entre le taux d’intérêt nominal (écrit sur le contrat de prêt) et le
taux d’inflation des prix des biens et services. C’est le résultat de cette
différence qui permet de mesurer l’impact réel de l’emprunt en termes de
bien-être économique de l’emprunteur. Si, l’inflation est faible le taux réel devient
important ; tandis que si, l’inflation est forte (à deux chiffres par
exemple dans la zone UEMOA[i]) le
taux d’intérêt réel deviendra faible.
La prise en compte du taux d’intérêt réel
permet de mesurer l’impact réel d’une transaction relatif à un capital donné. Pour
la simple raison que le taux d’intérêt réel intègre l’inflation des prix des
biens et services qui a la possibilité de redistribuer les richesses entre
prêteurs et emprunteurs. Comment ? la réponse à cette interrogation fera l’objet
d’une prochaine publication sur ce blog.
Madou CISSE / FSEG