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La principale visée des politiques
économiques que peuvent mettre en œuvre les autorités est le bien-être des
acteurs économiques privés à savoir les ménages et les entreprises.
Les autorités, dans une telle perspective ne
visent point le bien-être d’un individu isolé mais, elles cherchent toujours à
améliorer le bien-être de la majorité d’un groupe d’agents économiques – étant entendu
qu’il est quasiment impossible de mettre en œuvre une politique économique qui
puisse améliorer de manière simultanée le bien-être de tous les agents d’une
économie donnée.
Le bien-être global généré par une politique
économique est mesuré en économie par la somme du bien-être des consommateurs
et celui des producteurs. Le bien-être des consommateurs est déterminé par
l’estimation du surplus ou pouvoir d’achat engendré
par une mesure de politique économique ; quant au bien-être des producteurs,
il est estimé par leurs bénéfices.
Baisse de prix et bien-être
Le marché de la communication voix au Mali a
connu au début du mois de juin 2026 une baisse de 6 F CFA du prix de la minute de
l’appel voix hors forfait, passant de 81 F CFA à 75 F CFA.
Pour beaucoup de personnes, la portée
économique d’une telle baisse n’est pas du tout significative. Une telle
conclusion semble être juste quand elle est autocentrée. Heureusement que la
portée d’une telle politique économique ne peut être limitée à « notre
propre personne seule ».
C’est en ramenant la portée d’une telle mesure
à l’échelle de tout le marché ou de toute la communauté des utilisateurs que l’impact
réel de ladite mesure devient audible.
Le marché de l’appel voix (mobile et fixe) au
Mali comptait 25.712.972 abonnés en fin 2024. Tous ces utilisateurs (ménages et
entreprises) ont généré pour les trois (03) opérateurs présents sur ce marché,
un chiffre d’affaires global de 614,796 milliards de F CFA avec un revenu moyen
par utilisateur (ARPU= Average
Revenue Per User) de 1.518 F CFA.
Durant l’année 2024, les utilisateurs maliens
présents sur le marché de l’appel voix ont réalisé 405.003.953 de minutes de
communication voix au total.
En s’appuyant sur cette dernière statistique,
tout en faisant fi de la part des appels voix faits avec les différents
forfaits ; une telle mesure de réduction de prix des appels voix hors
forfait apporterait en 2024 dans sa fourchette haute un gain de pouvoir d’achat
maximal de 2.430.023.716 F CFA. Pendant que dans la fourchette basse,
l’apport de la baisse de prix deviendrait quasiment insignifiant toutes choses
égales par ailleurs. Car au Mali, les opérateurs télécoms ont des formules de « ventes
promotionnelles » ininterrompues ; « Damou » et « Diagnè
promo » pour ne citer que celles-ci.
Dans la mesure où le parc téléphonie (mobile
et fixe) est quasi stationnaire en termes de croissance – soit +0,54% d’augmentation
entre 2023 et 2024 – il y a fort à parier que la baisse de 6 F CFA apporterait presque le même niveau de pouvoir d’achat aux utilisateurs dudit service chaque année
toutes choses égales par ailleurs.
Il est très important de signaler que sur le
plan de l’efficacité économique cette mesure de réduction demeure neutre a
priori, car elle donne aux utilisateurs des services télécoms ce qu’elle prend
aux trois opérateurs télécoms. C’est lors de la phase d’affectation du pouvoir
d’achat acquis par les consommateurs que la taille de l’économie malienne pourrait être touchée.
M. Madou CISSE / FSEG