2026-10-15

Pourquoi le régime démocratique demeure le meilleur régime ?

Temps de lecture : 5 minutes

Une lecture du livre VIII de la République de Platon permet de noter les cinq (05) principaux régimes politiques qui peuvent être mis en œuvre dans un pays. Le classement de ces cinq (05) régimes est fait par ordre décroissant de valeur et de justice. Ces régimes sont dans l’ordre cité : l’aristocratie, la timocratie, l’oligarchie, la démocratie et enfin la tyrannie.

Partant de ce classement fait par Platon, le régime démocratique ou le pouvoir populaire occupe l’avant-dernière marche des régimes politiques en termes de valeur et d’administration de la justice.

Ce classement des régimes politiques fait par Platon semble être contredit par ces propos tenus par Winston Churchill le 11 novembre 1947 devant la Chambre des communes du Parlement britannique : « La démocratie est le pire des régimes, à l'exception de tous les autres déjà essayés dans le passé. »

Face à une telle rupture, une question demeure : quels avantages le régime démocratique présente-t-il par rapport aux autres régimes politiques déjà expérimentés ?

Principaux avantages du régime politique démocratique

Le régime démocratique s'appuie sur six piliers qui participent à son maintien et qui le différencie des autres régimes politiques.

Le premier pilier fait valoir le principe de la souveraineté du peuple, pour reprendre un concept clé analysé par Alexis de Tocqueville. Ce pilier correspond à ce que Platon identifiait déjà comme le trait distinctif de la démocratie, bien que le philosophe grec y vît un risque d'instabilité.

Une autre vertu du régime démocratique est la séparation des pouvoirs qu'il garantit ; car, pour paraphraser Montesquieu, l'un des pères des Lumières, “il faut que, par la disposition des choses, le pouvoir arrête le pouvoir”.

Le pouvoir du peuple par le peuple est normalement censé garantir et préserver les droits individuels et collectifs par la mise en place de règles préétablies, auxquelles sont soumis tous les citoyens sans distinction : en somme, assurer les principes de l'État de droit.

En assurant le pluralisme politique, la démocratie suppose la coexistence de plusieurs partis afin de rendre possible l'alternance pacifique du pouvoir.

Une autre caractéristique importante du régime démocratique est l'organisation d'élections régulières, libres et transparentes. Celles-ci permettent le renouvellement des classes dirigeantes.

Enfin, le sixième pilier ou avantage du régime démocratique est le respect des libertés fondamentales, à savoir la liberté de culte, la liberté d'expression, la liberté de la presse et la liberté d'association. Celles-ci doivent être garanties tant qu'elles demeurent circonscrites dans leurs sphères d'activité.

L’Afrique dans tout ça ?

Les piliers présentés supra permettent de dire dans le sillage de Winston Churchill que le régime démocratique est le meilleur par rapport à ceux qui ont été déjà expérimentés. Mais pourquoi ce régime semble ne pas combler les aspirations des pays africains ?

Je pense que la faillite du régime démocratique un peu partout en Afrique subsaharienne est due aux inégalités de conditions ou de chances criardes qui existent entre les couches sociales dans les pays africains.

Dans une telle optique, le problème est loin d’être consubstantiel au régime démocratique ; mais il réside plutôt dans les conditions de vie qui sont loin d'être égalitaires en Afrique. Par voie de conséquence, une démocratie réussie passera impérativement par un nivellement réel des niveaux des conditions de vie. Comme le disait Alexis de Tocqueville, l’égalité des chances est le premier principe dans la réussite d’un régime démocratique.

Donc casser le thermomètre ne fera pas baisser la température ; mais avoir un médecin compétent capable d’interpréter les valeurs du thermomètre est mieux afin de faire de bonnes prescriptions dont l’administration fera effectivement baisser la fièvre du malade.

Madou CISSE / FSEG

2026-10-08

Que faire pour que le Mali se développe économiquement ?

 Temps de lecture : 4 minutes

Le développement économique suppose, de manière cumulative, une augmentation des revenus de la population, accompagnée d'un meilleur accès à l'éducation et d'une amélioration continue du niveau de vie.

Je trouve que l'atteinte d'un tel objectif passe par la satisfaction de deux conditions essentielles : la première est l'existence d'une élite vertueuse, et la seconde, l'adoption de politiques économiques orientées principalement vers l'efficacité économique.

Le premier pas vers le développement exige l'avènement d'une classe dirigeante guidée par la vertu politique — cette vertu que Montesquieu définissait comme le ressort fondamental de la démocratie. Sans cette condition première, que je tiens pour nécessaire, toute perspective de développement économique demeure illusoire.

Un pays, quel qu'il soit — africain, américain, asiatique ou européen —, fera du surplace économique s'il est gangréné par le vice de la corruption, surtout lorsqu'elle est impulsée par les élites politiques et économiques.

C’est pour cette raison que je considère la pratique de la vertu politique comme le premier principe du développement économique. Par conséquent, sans vertu politique l’amorce d’un développement économique est quasiment impossible.

Une fois que la première condition est remplie, l’adoption de l’idéologie économique devient déterminante. Et cette étape est loin d’être fortuite, car c’est elle qui conditionne tout le processus de production d’une économie.

En économie, deux principaux objectifs qui s’opposent généralement peuvent être défendus : L’objectif de l’efficacité économique et celui de la justice sociale. Le premier objectif privilégie la maximisation de la production tandis que le second s’oriente vers la réduction des inégalités sociales.

En général, les pays africains, dont le Mali, font de mauvais arbitrages dans le choix de leurs objectifs économiques. Je pense sincèrement que pour les pays où la pratique de la vertu politique à la Montesquieu est loin d’être la règle, le choix de l’objectif de la justice sociale demeure un mauvais choix.

Cela étant dit, je pense que les pays africains, dont le Mali, doivent d'abord opter pour l'efficacité économique en créant plus de richesses. Afin d'atteindre cet objectif, ils doivent privilégier l'économie de marché plutôt qu'un renforcement excessif de l'intervention de l'État à travers des nationalisations.

L’hydre de la corruption étant présente dans nos pays, nationaliser devient synonyme de gabegie. Alors que si l’initiative est privée, ces pratiques délétères sont rapidement circonscrites au profit de l’efficacité.

En définitive, je pense que pour amorcer un véritable développement économique au Mali, il faut d’abord mettre tout en œuvre pour favoriser l’émergence d’une élite politique et économique vertueuse, puis opter sans hésitation pour l’efficacité économique. C’est seulement après avoir atteint un niveau de richesse conséquent que la lutte pour plus de justice sociale pourra être pleinement menée par un État qui, sans être producteur, exercera avec brio ses fonctions régaliennes – diplomatie, justice, sécurité, défense, finances et budget –, auxquelles j’ajoute son rôle de régulateur des marchés, principalement animés par des capitaux privés.

M. Madou CISSE / FSEG

2026-10-01

Les pays de l’AES doivent-ils plafonner les prix des loyers ?

 Temps de lecture : 3 minutes

Le 22 avril 2026, le Gouvernement nigérien, par le décret n°2026-248 a décidé d’encadrer et de plafonner les prix des loyers de types F2 (une chambre et un salon) et F3 (deux chambres et un salon).

Ces mesures d’encadrement et de plafonnement des prix visent principalement à lutter contre la vie chère selon les autorités nigériennes.

Que disent alors les préceptes de l’économie positive sur les effets du plafonnement des prix ?

Le prix plafond par définition est le prix maximal auquel un bien ou un service doit être vendu. Donc, c’est un prix qui vise les offreurs. Pour qu’un tel prix produise les effets escomptés, il faut qu’il soit fixé à un niveau inférieur au prix d’équilibre du marché ; sinon, son instauration sur un marché n’aura aucun effet probant.

Dans le cas du Niger, le prix plafond instauré par le décret n°2026-248 a été fixé au maximum à 20 000 F CFA, un montant largement inférieur au prix d’équilibre du marché, qui s'élevait au moins à 50 000 F CFA. Par conséquent, cette mesure imposée par les autorités nigériennes va fortement influencer les conditions d’évolution du marché en question.

Comment le plafonnement des prix des loyers va-t-il influencer l’évolution du marché des loyers de types F2 et F3 ?

Les conclusions des préceptes de l’économie positive sont claires quant aux conséquences du contrôle des prix. Elles soutiennent que le prix plafond en créant un écart entre le prix plafond et le prix fixé par le jeu de l’offre et de la demande conduit (1) à une diminution de la quantité offerte ; (2) à une mauvaise allocation des logements ; (3) à un gaspillage de ressources et enfin (4) à l’apparition d’un marché noir.

Il ne faut donc pas être surpris de constater, dans le cas du Niger, ces effets délétères imputables au plafonnement des prix des loyers imposé par les autorités. C'est en raison de ces effets néfastes que les prix plafonds sont déconseillés. En effet, leur imposition sur le marché génère des coûts économiques supérieurs aux gains que ces prix sont censés apporter, comme dans le cas du Niger dont l’objectif ultime est la lutte contre la vie chère.

Madou CISSE / FSEG

2026-07-30

Théorie de la valeur économique : des mercantilistes aux marginalistes

Temps de lecture : 3 min

Série : Economie en question (N°61)

Qu’est-ce qui fonde économiquement parlant la valeur d’un bien ou d’un service ? Par exemple pourquoi le diamant a plus de valeur économique que l’eau potable ?

Des mercantilistes à D. Ricardo la théorie de la valeur a été basée soit sur la quantité d’or ou d’argent qu’un bien ou service peut acquérir (les mercantilistes), soit sur la quantité de terre nécessaire à la production (les physiocrates), soit sur la quantité de travail direct contribuant à la production d’un bien ou service (A. Smith), soit sur la quantité de travail direct et indirect nécessaire à sa production (D. Ricardo), soir sur la quantité d’effort épargné (F. C. Bastiat). Toutes ces théories sont dites « approche objective de la valeur ».

La question de la théorie de la valeur économique d’un bien ou d’un service a été définitivement résolue au milieu du 19ème siècle par les économistes marginalistes. Ces derniers y sont parvenus (1) en abandonnant la piste de l’approche objective de la valeur ; (2) en adoptant l’approche subjective de la valeur défendue en premier par J. B Say en 1883. Celle-ci soutenant que la valeur économique d’un bien ou d’un service dépend exclusivement de son utilité.

A la suite de Say, les marginalistes – spécifiquement L Walras – ont définitivement établi que la valeur économique d’un bien ou d’un service dépend de deux principaux facteurs que sont : (1) son utilité et (2) sa rareté. Ce qui permet d’inférer que deux biens ou services qui ont le même niveau de rareté peuvent ne pas avoir la même valeur économique si l’un présente une utilité marginale plus grande que l’autre !

C’est cette approche subjective de la valeur économique des biens et services qui a assené le coup de grâce au paradoxe de la valeur de l’eau et du diamant. Car l’abondance de l’eau implique logiquement un niveau d’utilité supplémentaire moindre par rapport au diamant qui est rare.

Madou CISSE / FSEG

2026-07-23

La théorie de la valeur de la productivité marginale soutient que les promoteurs d’école (les employeurs) n’exploitent pas les enseignants (les travailleurs)

 Temps de lecture : 2 min

Série : Economie en question (N°60)

Quand la théorie marxiste de la plus-value soutient que le travail est le seul facteur qui contribue à la création de toute la plus-value créée au cours d’un processus de production ; les économistes orthodoxes retorquent en soutenant que dans un processus de production, la répartition de la valeur ajoutée est toujours fonction de l’apport des deux facteurs à savoir le travail et le capital contribuant à la production. Donc, par voie de conséquence, contrairement à Karl Marx, les capitalistes n’exploitent pas du tout les travailleurs !

Pour parvenir à cette conclusion, les économistes libéraux font recours au concept de productivité. Pour eux, il n’est pas possible de rémunérer un facteur au-delà de son apport à la production sur le long terme. Cette approche est connue sous le nom de la théorie de la valeur de la productivité marginale. Dans cette logique, ils soutiennent que la rémunération de tout facteur doit toujours en phase avec la valeur monétaire de son apport qui est appelé productivité.

Elle stipule que dans un processus de production, chacun des deux facteurs est rémunéré à la hauteur de son apport à la création de la valeur créée. C’est partant d’un tel constat que les orthodoxes arrivent à la conclusion et contrairement à Karl Marx qu’il n’y a pas d’exploitation du travailleur de la part du capitaliste. Chacun des apporteurs de facteur (travail et capital) dans la production gagne exactement en fonction de la valeur de sa mise.

Pour réconforter les orthodoxes dans leur théorie, ils soutiennent que si les deux parties (capitalistes et travailleurs) vivaient exclusivement de la valeur créée seulement par le travailleur, le capitalisme allait s’écrouler. Ce qui n’a pas été le cas en tout cas depuis son triomphe sur le communisme depuis le début des années 80. Bien au contraire, il a jusqu’à présent le vent en poupe ! Et si en réalité, il existe un troisième larron qui est réellement le seul « créateur » de la plus-value à savoir l’innovation technologique !

Une chose est sûre et certaine, sur la base des préceptes défendus par les économistes orthodoxes, dans les processus de production, les travailleurs ne sont pas fondamentalement exploités par les apporteurs de capitaux. Leurs préceptes démontrent clairement que chaque partie (travailleurs et capitalistes) reçoit dans la plus-value en rémunération par le truchement de la valeur de productivité marginale ce qu’il a mis dans le processus de production.

Madou CISSE / FSEG

2026-07-16

Théorie de la plus-value de Marx : les promoteurs d’école (les employeurs) exploitent-ils les enseignants (les travailleurs) ?

Temps de lecture : 6 min

Série : Economie en question (N°59)

Étienne-Gabriel Morelly (1717-1778) auteur du Code de la nature en 1755 disait que « la propriété est la mère de tous les crimes et d'obstacle à toute sociabilité ». À sa suite, Pierre-Joseph Proudhon (1809-1865) soutenait que « toute propriété est du vol ». Karl Marx (1818-1883) renchérissait en disant que le capitalisme prospérait sur l’exploitation du prolétariat (les travailleurs) par les bourgeois capitalistes. Et pour soutenir cette thèse, il a développé sa théorie de la plus-value.

Création de la plus-value

Karl Marx a développé sa thèse en partant de la division de la circulation des activités économiques déjà faite par Aristote (-384 à -322) en chrématistique naturelle et en chrématistique mercantile.

La première forme de circulation – la chrématistique naturelle – permet à toute personne de satisfaire ses besoins par la vente de sa force de travail en échange d’autres biens et services. Cette activité, selon l’auteur de la théorie de la plus-value est dépourvue de toute forme d’exploitation des travailleurs. Car ces derniers vendent leurs forces de travail (leurs marchandises « M ») contre de l’argent « A » afin d’acquérir de nouvelles marchandises « M’ ». Dans cette forme d’échangent les travailleurs acquièrent la valeur totale des efforts fournis. D’où le schéma M – A – M’.

Exemple : un enseignant donne des cours à domicile (il vend sa marchandise ou sa force de travail « M » aux parents d’élèves) en contrepartie il est payé par heure à 10.000 FCFA (argent « A ») qu’il va utiliser pour acheter de l’essence (marchandise « M’ »). A ce stade, il n’y a ni de plus-value, ni exploitation de l’enseignant !

Dans la deuxième forme de circulation – la chrématistique mercantile – le capitaliste, disposant une somme d’argent (A) achète une marchandise (M) qui devient son capital (K). En combinant ce K et la force de travail (L) des travailleurs ; il produit un bien ou un service (Q) qu’il vend à une somme d’argent A’ qui est logiquement supérieure à A. D’où le nouveau schéma : A – M ou K – A’.

L’écart positif entre A’ et A est appelé par Marx la plus-value (A’- A  = PV).

D’où vient cette plus-value ?

La réponse de Marx à cette interrogation est implacable. Seul le travail crée de la valeur ! par conséquent, la plus-value est créée exclusivement et entièrement par la force des travailleurs. Sans cette force point de plus-value. Car pour lui, le capital (K) seul ne peut être échangé contre de l’argent (A’) supérieur à sa valeur d’acquisition initiale.

Exploitation des travailleurs

La plus-value étant créée selon Marx par l’intervention du travail seulement dans le processus de production ; si toute la plus-value n’est pas donnée aux travailleurs, il y a forcément exploitation de ces derniers par le capitaliste. Dans la mesure où ce dernier en apportant sa marchandise (son capital qui est improductif) capte indument une partie de la plus-value créée par les travailleurs. Donc, il exploite forcément les travailleurs.

Exemple : un enseignant donne cours dans une école privée. Les capitaux sont apportés par le promoteur de l’école. Ce dernier paye l’enseignant au taux horaire de 6.000 F CFA. Conformément à la thèse de Marx, cet enseignant fait en réalité un cours qui vaut plus que 6.000 F CFA (par exemple 10.000 F CFA) ; mais le promoteur s’accapare de 4.000 F CFA qui aussi sont logiquement le fruit du travail de l’enseignant – car selon lui, seul le travail crée la plus-value –. Donc, le promoteur vit exclusivement de l’exploitation de l'enseignant. Et pour que cette exploitation cesse, l’enseignant doit être payé à 10.000 F CFA l’heure.

La thèse de la plus-value ainsi défendue par K Marx prend à contrepied celle défendue par les économistes classiques qui l’ont précédé, tels que D. Ricardo qui l’inspira, A Smiths etc. car pour ces derniers, le salaire est la rémunération du travail effectué par le travailleur et par conséquent, les travailleurs ne sont pas exploités par les capitalistes.

Au-delà des critiques et adhésions que cette théorie de la plus-value soulève sur le plan éthique relativement au fonctionnement des activités économiques spécifiquement sur les liens entre travailleurs et employeurs ; il y a une réalité irréfragable qui demeure, à savoir que les relations économiques sont quotidiennement les résultats de rapports de force. Est-ce que la présence de ceux-ci conduit toujours à une exploitation d’une partie au profit d’une autre ? La réponse à cette question demeure toujours irrésolue.

Madou CISSE / FSEG

2026-07-09

Comment le taux d’intérêt réel du capital peut-il euthanasier les capitalistes ?

Temps de lecture : 4 min

Série : Economie en question (N°58)

Dans ma publication précédente disponible ici https://cequejepensemali.blogspot.com/2026/07/pourquoi-en-economie-il-nexiste-que.html; j’avais souligné que la prise en compte du taux d’intérêt réel permet de mesurer l’impact réel d’une transaction relatif à un capital donné. Précisément, il existe une relation décroissante entre le taux d’intérêt réel et le niveau d’inflation constaté ; une forte inflation signifiant un niveau de taux d’intérêt réel faible et vice versa.

Partant de ce constat, les économistes soutiennent sans ambages qu’une forte inflation – donc, un taux d’intérêt réel faible – signifie que les remboursements des emprunteurs deviennent plus faibles que prévu toutes choses égales par ailleurs. Ce qui entraine logiquement un appauvrissement des prêteurs (les capitalistes). D’où la concrétisation de la célèbre maxime de Keynes à savoir « l’euthanasie des rentiers ».

Par contre, une faible inflation des prix des biens et services synonyme d’un taux d’intérêt réel élevé implique un renchérissement des coûts des emprunts ce qui fait le bonheur des capitalistes « les prêteurs » et dégrade significativement la position des demandeurs de capital.

A l’image de l’impact de la variation du prix réel des biens et services en termes de pouvoir d’achat des consommateurs et d’arbitrage ; une variation du prix réel du capital à savoir le taux d’intérêt réel, impacte aussi soit le pouvoir d’achat des prêteurs soit celui des emprunteurs mais jamais les deux simultanément ! et cela peut aussi entrainer des arbitrages entre épargne et désépargne. Ce qui pourrait à long terme toucher les grands équilibres macroéconomiques d’un pays à travers par exemple le niveau des investissements.

Madou CISSE / FSEG

Pourquoi le régime démocratique demeure le meilleur régime ?

T emps de lecture : 5 minutes Une lecture du livre VIII de la République de Platon permet de noter les cinq (05) principaux régimes politi...