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Série : Economie en question (N°46)
Dans la série N°45 disponible ici https://cequejepensemali.blogspot.com/2026/02/temps-de-lecture-3-min-serie-economie.html
j’ai présenté la régulation-prix du monopole pur. Dans la présente, je fais le
focus sur les modes de régulation hors prix, spécifiquement la discrimination
tarifaire.
Les modes de régulation hors prix comme leur
nom l’indique, à travers ces modes de régulation, les autorités de régulation ne
visent pas directement le prix de vente que fixe le monopoleur. Mais, elles utilisent
des moyens indirects pour le discipliner afin qu’il réduise son inefficacité productive
et allocative.
Parmi ces modes de régulation, le présent
papier présente les discriminations tarifaires. Il y a discrimination tarifaire
si le vendeur vend le même produit à différents acheteurs et à différents prix.
L’implémentation de la discrimination
tarifaire est conditionnée par deux principales règles. Il faut (1) que le
vendeur dispose d’un pouvoir de marché (donc, existence d’effet poison). Cette condition
permet de comprendre en creux que les entreprises évoluant sur des structures
de marché proches de la concurrence pure et parfaite ne peuvent pas discriminer ;
car elles ne disposent pas de pouvoir de marché. (2) le vendeur doit être
capable d’empêcher la revente.
Il existe trois (03) principales formes de
discriminations tarifaires qui peuvent être regroupées en deux grandes
catégories. Dans la première catégorie de discrimination tarifaire le vendeur
dispose d’information parfaite soit sur la capacité des acheteurs soit sur
leurs identités. Dans la deuxième catégorie, le vendeur ne dispose pas d’information
précise sur les acheteurs. Dans ce cas, il laisse à chaque acheteur de s’auto-révéler.
Dans la première catégorie de discrimination
tarifaire, je mets la discrimination du premier degré ou discrimination
parfaite et la discrimination tarifaire du troisième degré.
§
La
discrimination du premier degré ou discrimination parfaite
Dans ce mode de discrimination tarifaire, le monopoleur
fixe pour chaque acheteur un prix de vente égal à sa disponibilité à payer qu’il
est sensé connaître au préalable. Sans pourtant que les différentes
disponibilités à payer ne soient pas inférieures au coût marginal de production du
produit vendu.
§
La
discrimination tarifaire du troisième degré
Une telle discrimination tarifaire exige du monopoleur
de vendre son produit en fonction d’une des caractéristiques des acheteurs. Dans
cette optique, le monopoleur segmente son marché en plusieurs strates.
C’est ce mode de discrimination tarifaire que
la SOMAGEP SA a mis en œuvre à travers son projet de « branchements sociaux »
en 2019.
Dans la deuxième catégorie de discriminations
tarifaire, il y a la discrimination du deuxième degré ou discrimination basée
sur la quantité.
§
La discrimination
du deuxième
Cette discrimination conduit le monopoleur à
accorder des réductions en fonction de la quantité achetée. Elle permet d’avoir
le produit vendu par le monopoleur à des prix unitaires plus faibles.
Ce mode de discrimination tarifaire est mis
généralement en œuvre au Mali par les prestataires de services de photocopies. Car
plus le nombre de copies augmente au-delà d’un certain seuil, le prix unitaire
par copie baisse à la suite des réductions que peut accorder le vendeur.
Madou CISSE / FSEG