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Série :
Economie en question (N°44)
Pourquoi la structure de marché
de monopole pur est-elle la moins efficace de toutes les structures de marché ?
Si la structure de marché la plus efficace
est la concurrence pure et parfaite (CPP), la structure de marché la moins efficace
en économie est celle du monopole pur (MP).
L’efficacité d’une structure de marché se mesure
par la capacité de cette structure à fixer un prix de vente tendant vers le minimum
du coût unitaire de production du produit tout en assurant la quantité la plus élevée possible. En cette matière, il est démontré et admis que la CPP est l’organisation
de marché qui fait mieux que toutes les autres structures de marché. Car, la
CPP fixe à long terme un prix qui égalise le minimum du coût unitaire de
production tout en offrant plus de quantité du produit. Dans cette perspective,
le monopole pur est la structure qui est la moins efficace, car elle fixe un
prix suffisamment éloigné de son coût unitaire minimum de production tout en offrant
des quantités inférieures à celles qui pourraient être produites en situation
de CPP.
La présence simultanée de cette double perte –
fixation d’un prix de vente supérieur au minimum du coût unitaire de production
et la production d’une quantité moindre par rapport à la situation de CPP – que
génère le MP conduit à l’existence de la perte sèche.
La perte sèche porte bien son qualificatif. La
perte est « sèche » car le monopoleur de par son comportement (via
son pouvoir de marché) fait exprès de fixer un prix de vente de son produit
supérieur au minimum de son coût unitaire de production tout en restreignant son
niveau de production. Ce comportement conduit à évincer du marché (1) une
partie des acheteurs de son produit et (2) à contracter ses recettes qu’il pourrait
engranger en offrant les quantités éliminées. In fine, c’est toute l’économie
entière qui perd en termes de bien-être économique. C’est cette perte de
bien-être engendrée par le monopole pure par rapport à la situation de concurrence pure et parfaite
qui est nommée « perte sèche » que j’appelle par analogie « la partie Bougouni examen » du monopole pur !
Madou CISSE / FSEG