Temps de lecture : 3 minutes
L’inflation en économie est un mal nécessaire qu’il faut
restreindre dans des proportions raisonnables. C’est pour cette raison que plusieurs
banques centrales à travers le monde fixent des valeurs plafonds que le taux
d’inflation ne peut dépasser sans provoquer une intervention de leur part
visant à la maintenir autour de la cible fixée.
La maitrise de l’inflation conduit à la stabilisation du
pouvoir d’achat des ménages toutes choses égales par ailleurs. Par définition,
le pouvoir d’achat est la quantité de biens et services susceptible d’être
acquise par un revenu donné.
Les récents compromis conclus entre les autorités de la
transition malienne et l’Association des bouchers du Mali contribuent
certainement à redonner du pouvoir d’achat aux ménages. Les bouchers ont
accepté une baisse de 10% du prix unitaire du kilo de la viande de mouton et 7,14%
de baisse sur le kilo de la viande de bœuf avec os et 6,25% de celui de la
viande de bœuf sans os.
Cette baisse des prix unitaires du kilo de viande
n’impacte pas de la même manière tous les ménages, selon qu'il s'agisse de
foyers urbains de la classe moyenne ou de ménages ruraux.
Les ménages de la classe moyenne achètent en moyenne 750
grammes de viande de bœuf (avec ou sans os) par jour, tandis que ceux du milieu
rural en consomment 375 grammes.
Ces achats différenciés montrent clairement qu'une baisse
du prix unitaire du kilo de viande impacte davantage les ménages urbains aisés
que les ménages ruraux et les ménages pauvres des cités. Cela se traduit par un
gain de pouvoir d'achat quotidien de 187,5 F CFA par ménage urbain, contre
93,75 F CFA pour les ménages ruraux.
Ces baisses permettraient de réaliser, en moyenne, une
économie annuelle de 67 500 F CFA pour les ménages urbains et de 33 750 F CFA
pour les ménages ruraux.
Les baisses de prix unitaires du kilo de viande obtenues
constituent, sans conteste, une avancée ; mais les autorités doivent faire
encore plus. Dans cette perspective, elles doivent s'employer à induire un choc
d'offre positif pour la viande de bœuf (avec ou sans os). Pour cela, elles
peuvent agir sur les leviers qui réduisent les coûts de production — notamment
en intervenant plus fortement sur le prix des aliments du bétail.
Mais est-ce qu’une telle intervention de la part des
Autorités de la transition est possible présentement, au vu de l'étroitesse des
marges de manœuvre budgétaires existantes ?
Madou CISSE / FSEG