2026-07-23

La théorie de la valeur de la productivité marginale soutient que les promoteurs d’école (les employeurs) n’exploitent pas les enseignants (les travailleurs)

 Temps de lecture : 2 min

Série : Economie en question (N°60)

Quand la théorie marxiste de la plus-value soutient que le travail est le seul facteur qui contribue à la création de toute la plus-value créée au cours d’un processus de production ; les économistes orthodoxes retorquent en soutenant que dans un processus de production, la répartition de la valeur ajoutée est toujours fonction de l’apport des deux facteurs à savoir le travail et le capital contribuant à la production. Donc, par voie de conséquence, contrairement à Karl Marx, les capitalistes n’exploitent pas du tout les travailleurs !

Pour parvenir à cette conclusion, les économistes libéraux font recours au concept de productivité. Pour eux, il n’est pas possible de rémunérer un facteur au-delà de son apport à la production sur le long terme. Cette approche est connue sous le nom de la théorie de la valeur de la productivité marginale. Dans cette logique, ils soutiennent que la rémunération de tout facteur doit toujours en phase avec la valeur monétaire de son apport qui est appelé productivité.

Elle stipule que dans un processus de production, chacun des deux facteurs est rémunéré à la hauteur de son apport à la création de la valeur créée. C’est partant d’un tel constat que les orthodoxes arrivent à la conclusion et contrairement à Karl Marx qu’il n’y a pas d’exploitation du travailleur de la part du capitaliste. Chacun des apporteurs de facteur (travail et capital) dans la production gagne exactement en fonction de la valeur de sa mise.

Pour réconforter les orthodoxes dans leur théorie, ils soutiennent que si les deux parties (capitalistes et travailleurs) vivaient exclusivement de la valeur créée seulement par le travailleur, le capitalisme allait s’écrouler. Ce qui n’a pas été le cas en tout cas depuis son triomphe sur le communisme depuis le début des années 80. Bien au contraire, il a jusqu’à présent le vent en poupe ! Et si en réalité, il existe un troisième larron qui est réellement le seul « créateur » de la plus-value à savoir l’innovation technologique !

Une chose est sûre et certaine, sur la base des préceptes défendus par les économistes orthodoxes, dans les processus de production, les travailleurs ne sont pas fondamentalement exploités par les apporteurs de capitaux. Leurs préceptes démontrent clairement que chaque partie (travailleurs et capitalistes) reçoit dans la plus-value en rémunération par le truchement de la valeur de productivité marginale ce qu’il a mis dans le processus de production.

Madou CISSE / FSEG

2026-07-16

Théorie de la plus-value de Marx : les promoteurs d’école (les employeurs) exploitent-ils les enseignants (les travailleurs) ?

Temps de lecture : 6 min

Série : Economie en question (N°59)

Étienne-Gabriel Morelly (1717-1778) auteur du Code de la nature en 1755 disait que « la propriété est la mère de tous les crimes et d'obstacle à toute sociabilité ». À sa suite, Pierre-Joseph Proudhon (1809-1865) soutenait que « toute propriété est du vol ». Karl Marx (1818-1883) renchérissait en disant que le capitalisme prospérait sur l’exploitation du prolétariat (les travailleurs) par les bourgeois capitalistes. Et pour soutenir cette thèse, il a développé sa théorie de la plus-value.

Création de la plus-value

Karl Marx a développé sa thèse en partant de la division de la circulation des activités économiques déjà faite par Aristote (-384 à -322) en chrématistique naturelle et en chrématistique mercantile.

La première forme de circulation – la chrématistique naturelle – permet à toute personne de satisfaire ses besoins par la vente de sa force de travail en échange d’autres biens et services. Cette activité, selon l’auteur de la théorie de la plus-value est dépourvue de toute forme d’exploitation des travailleurs. Car ces derniers vendent leurs forces de travail (leurs marchandises « M ») contre de l’argent « A » afin d’acquérir de nouvelles marchandises « M’ ». Dans cette forme d’échangent les travailleurs acquièrent la valeur totale des efforts fournis. D’où le schéma M – A – M’.

Exemple : un enseignant donne des cours à domicile (il vend sa marchandise ou sa force de travail « M » aux parents d’élèves) en contrepartie il est payé par heure à 10.000 FCFA (argent « A ») qu’il va utiliser pour acheter de l’essence (marchandise « M’ »). A ce stade, il n’y a ni de plus-value, ni exploitation de l’enseignant !

Dans la deuxième forme de circulation – la chrématistique mercantile – le capitaliste, disposant une somme d’argent (A) achète une marchandise (M) qui devient son capital (K). En combinant ce K et la force de travail (L) des travailleurs ; il produit un bien ou un service (Q) qu’il vend à une somme d’argent A’ qui est logiquement supérieure à A. D’où le nouveau schéma : A – M ou K – A’.

L’écart positif entre A’ et A est appelé par Marx la plus-value (A’-  = PV).

D’où vient cette plus-value ?

La réponse de Marx à cette interrogation est implacable. Seul le travail crée de la valeur ! par conséquent, la plus-value est créée exclusivement et entièrement par la force des travailleurs. Sans cette force point de plus-value. Car pour lui, le capital (K) seul ne peut être échangé contre de l’argent (A’) supérieur à sa valeur d’acquisition initiale.

Exploitation des travailleurs

La plus-value étant créée selon Marx par l’intervention du travail seulement dans le processus de production ; si toute la plus-value n’est pas donnée aux travailleurs, il y a forcément exploitation de ces derniers par le capitaliste. Dans la mesure où ce dernier en apportant sa marchandise (son capital qui est improductif) capte indument une partie de la plus-value créée par les travailleurs. Donc, il exploite forcément les travailleurs.

Exemple : un enseignant donne cours dans une école privée. Les capitaux sont apportés par le promoteur de l’école. Ce dernier paye l’enseignant au taux horaire de 6.000 F CFA. Conformément à la thèse de Marx, cet enseignant fait en réalité un cours qui vaut plus que 6.000 F CFA (par exemple 10.000 F CFA) ; mais le promoteur s’accapare de 4.000 F CFA qui aussi sont logiquement le fruit du travail de l’enseignant – car selon lui, seul le travail crée la plus-value –. Donc, le promoteur vit exclusivement de l’exploitation de l'enseignant. Et pour que cette exploitation cesse, l’enseignant doit être payé à 10.000 F CFA l’heure.

La thèse de la plus-value ainsi défendue par K Marx prend à contrepied celle défendue par les économistes classiques qui l’ont précédé, tels que D. Ricardo qui l’inspira, A Smiths etc. car pour ces derniers, le salaire est la rémunération du travail effectué par le travailleur et par conséquent, les travailleurs ne sont pas exploités par les capitalistes.

Au-delà des critiques et adhésions que cette théorie de la plus-value soulève sur le plan éthique relativement au fonctionnement des activités économiques spécifiquement sur les liens entre travailleurs et employeurs ; il y a une réalité irréfragable qui demeure, à savoir que les relations économiques sont quotidiennement les résultats de rapports de force. Est-ce que la présence de ceux-ci conduit toujours à une exploitation d’une partie au profit d’une autre ? La réponse à cette question demeure toujours irrésolue.

Madou CISSE / FSEG

2026-07-09

Comment le taux d’intérêt réel du capital peut-il euthanasier les capitalistes ?

Temps de lecture : 4 min

Série : Economie en question (N°58)

Dans ma publication précédente disponible ici https://cequejepensemali.blogspot.com/2026/07/pourquoi-en-economie-il-nexiste-que.html; j’avais souligné que la prise en compte du taux d’intérêt réel permet de mesurer l’impact réel d’une transaction relatif à un capital donné. Précisément, il existe une relation décroissante entre le taux d’intérêt réel et le niveau d’inflation constaté ; une forte inflation signifiant un niveau de taux d’intérêt réel faible et vice versa.

Partant de ce constat, les économistes soutiennent sans ambages qu’une forte inflation – donc, un taux d’intérêt réel faible – signifie que les remboursements des emprunteurs deviennent plus faibles que prévu toutes choses égales par ailleurs. Ce qui entraine logiquement un appauvrissement des prêteurs (les capitalistes). D’où la concrétisation de la célèbre maxime de Keynes à savoir « l’euthanasie des rentiers ».

Par contre, une faible inflation des prix des biens et services synonyme d’un taux d’intérêt réel élevé implique un renchérissement des coûts des emprunts ce qui fait le bonheur des capitalistes « les prêteurs » et dégrade significativement la position des demandeurs de capital.

A l’image de l’impact de la variation du prix réel des biens et services en termes de pouvoir d’achat des consommateurs et d’arbitrage ; une variation du prix réel du capital à savoir le taux d’intérêt réel, impacte aussi soit le pouvoir d’achat des prêteurs soit celui des emprunteurs mais jamais les deux simultanément ! et cela peut aussi entrainer des arbitrages entre épargne et désépargne. Ce qui pourrait à long terme toucher les grands équilibres macroéconomiques d’un pays à travers par exemple le niveau des investissements.

Madou CISSE / FSEG

2026-07-02

Pourquoi en économie il n’existe que quatre principales catégories de biens et services ?

Temps de lecture : 4 min

Série : Economie en question (N°57)

Les économistes parviennent à classer tous les biens et services qui peuvent faire l’objet de transaction marchande ou pas en quatre (04) catégories principales. Il s’agit des biens et services publics purs ; les biens et services de club ; les biens et services communs et enfin, les biens et services privés purs.

Cette catégorisation des biens et services est atteinte en croisant les deux critères suivants : la rivalité et l’excluabilité.

Il y a rivalité dans la consommation d’un bien ou d’un service, si l’usage d’une personne empêche ou exclut les usages des autres.

Le critère de l’excluabilité permet au producteur d’un bien ou service d’exclure de l’usage de son bien ou service toute personne qui ne paie pas le prix d’usage.

Les biens et services publics purs sont ceux qui sont par excellence non rivaux et non excluables. Par exemple, le service de défense militaire. Il est quasiment impossible pour ce type de service que la consommation d’une personne empêche celle d’une autre. En plus, ce type de service est aussi non excluable ; car il n’est pas non plus possible d’exclure une personne de bénéficier les bienfaits de la défense parce qu’elle n’a pas payé les impôts par exemple !

A l’opposé des biens ou services publics purs, nous avons les biens et services privés purs. Ceux-ci sont rivaux et excluables par excellence. Par exemple, mon usage de mon smart phone empêche en même temps son usage par une autre personne. Ce smart phone est aussi excluable, car le vendeur peut exclure toutes les personnes qui ne paient pas son prix d’acquisition.

Les biens et services privés de club sont ceux qui ne sont pas rivaux dans leur consommation mais excluables. Par exemple, les services d’abonnement TV. La consommation d’une personne n’empêche pas celle d’une autre personne ; par contre, le fournisseur du service peut exclure ceux qui ne paient pas les frais d’abonnement.

Les biens et services communs sont opposés aux biens et services privés de club car ils sont rivaux mais ne sont pas du tout excluables. Par exemple, les herbes de pâturage. La consommation d’un troupeau de bœufs des herbes d’une zone donnée empêche celle d’un autre troupeau. Par contre, il n’y a pas d’excluabilité pour accéder audit pâturage.

La catégorie à laquelle peut appartenir un bien ou un service détermine le modèle économique de ce bien ou service. C’est pour cette raison que la production de certains biens ou services est confiée exclusivement aux pouvoirs publics et pour d’autres confiée exclusivement aux acteurs privés.

Madou CISSE / FSEG

2026-06-25

Taux d’intérêt nominal vs taux d’intérêt réel

Temps de lecture : 5 min

Série : Economie en question (N°56)

Le prix réel ou prix relatif ou rapport entre deux prix de biens et services permet d’établir combien d’unités d’un second bien ou service une unité d’un autre bien ou service peut acquérir. Cet outil est très puissant sur le marché des biens et services afin de déterminer dans quelle proportion les substitutions peuvent se faire entre différents biens et services sur ce marché.

L’équivalent du prix réel sur le marché des capitaux est le taux d’intérêt réel ; pendant que celui du prix nominal sur ce marché est le taux d’intérêt nominal.

Si vous achetez un livre à 10.000 F CFA et un kilogramme de viande à 5.000 F CFA – ces deux achats se font sur le marché des biens et services – les montants que vous payez pour acquérir le livre et le kilo de viande sont appelés par les économistes les prix nominaux ou encore les prix faciaux des biens et services achetés.

Si vous voulez savoir un livre fait combien de kilo de viande ou un kilo de viande fait combien de livre, vous devez déterminer alors le prix réel, en faisant un rapport entre les deux prix nominaux. Ce rapport qui est 2 (soit 10.000/5.000) ou 0,5 (soit 5.000/10.000). Ce rapport permet d’établir que sur ce marché, un livre permet d’avoir deux kilos de viande ou un kilo de viande permet d’avoir un demi livre.

Si vous êtes sur le marché des capitaux – banques ; microfinances ; fintech ; bourse – vous êtes soumis au « diktat » des taux d’intérêt nominal et réel. Car si vous voulez emprunter une somme auprès d’une banque par exemple ; le banquier pourrait vous dire qu’il vous prête ledit montant à un taux d’intérêt de 12%. Ce taux d’intérêt qui est convenu entre vous le banquier est appelé par les économistes le taux d’intérêt nominal. Et c’est ce taux d’intérêt que vous verrez sur votre contrat de prêt. Pour les économistes (surtout mainstream) ce taux d’intérêt à l’image du prix nominal des biens et services n’a pas assez de pouvoirs explicatifs sur l’impact économique de l’emprunt contracté auprès de la banque. C’est pour cette raison, il faut mettre en perspective, le montant de l’emprunt et le niveau de taux d’intérêt réel qui n’est pas écrit sur le contrat de prêt.

Ce taux d’intérêt réel s’obtient en fait la différence entre le taux d’intérêt nominal (écrit sur le contrat de prêt) et le taux d’inflation des prix des biens et services. C’est le résultat de cette différence qui permet de mesurer l’impact réel de l’emprunt en termes de bien-être économique de l’emprunteur. Si, l’inflation est faible le taux réel devient important ; tandis que si, l’inflation est forte (à deux chiffres par exemple dans la zone UEMOA[i]) le taux d’intérêt réel deviendra faible.

La prise en compte du taux d’intérêt réel permet de mesurer l’impact réel d’une transaction relatif à un capital donné. Pour la simple raison que le taux d’intérêt réel intègre l’inflation des prix des biens et services qui a la possibilité de redistribuer les richesses entre prêteurs et emprunteurs. Comment ? la réponse à cette interrogation fera l’objet d’une prochaine publication sur ce blog.

Madou CISSE / FSEG



[i] Union Économique et Monétaire Ouest-Africaine

2026-06-18

Marché de l’appel voix mobile : des marges de manœuvres existent toujours en termes de baisse de prix unitaire

Temps de lecture : 4 min

Le secteur des télécommunications à l’image de toutes les industries de réseaux va de pair avec l’existence de marchés défaillants d’un point de vue économique. Les principales causes de défaillance de ces marchés sont les économies d’échelle et les externalités positives. Ces causes contribuent à rendre leurs marchés soit monopolistiques soit oligopolistiques comme c’est le cas du marché de l’appel voix mobile au Mali avec trois (03) opérateurs. Un marché archi dominé en 2024 par Orange Mali SA qui détenait 62% de part de marché.

Ce leader du marché de l’appel voix mobile au Mali propose l’offre promotionnelle Sèwa « non-stop » (devenue récemment Sèwa Koura) depuis bientôt une décennie.

Une analyse des formules Sèwa Koura de 250 F CFA et de 5.000 F CFA permet de constater que le prix de vente de la minute de ces deux formules sont respectivement 25 F CFA et 20,83 F CFA.

Selon le rapport d’activités (2024) de l’AMRTP, l’Autorité en charge de la régulation du secteur des Télécoms au Mali ; le chiffre d’affaires généré par les services d’appel voix mobile d’Orange Mali a été chiffré à 437,81 milliards de F CFA (soit 93% du chiffre d’affaires total de l’opérateur).

En admettant qu’Orange Mali en étant leader du marché soit l’entreprise la plus efficace des trois présentes sur ledit marché ; il serait possible de déterminer le prix véritable ou prix minimum en dessous duquel la firme réaliserait une perte.

Afin d’estimer ce prix véritable du service voix mobile dans le présent cas, il est impératif d’avoir le niveau de profit d’orange Mali. Ce profit n’étant pas une donnée publique ; je l’ai estimé partant de la marge bénéficiaire du Groupe Sonatel dont orange Mali est une filiale à part entière en plus d’Orange Guinée ; Orange Sierra Leone et Orange Guinée-Bissau.

Une analyse des chiffres financiers de 2024 de ce Groupe disponibles ici[1] présente une marge bénéficiaire nette de 22,2%. Partant de cette estimation, et en admettant qu’Orange Mali présente une marge bénéficiaire de 20% – ce qui est une estimation assez raisonnable compte tenu de l’apport historique d’Orange Mali dans la rentabilité du Groupe Sonatel – le prix véritable du service appel voix mobile deviendrait 1,25 F CFA pour une entreprise aussi efficace comme Orange Mali sur le marché malien de l’appel voix mobile.

Une mise en perspective des prix unitaires des deux formules Sèwa Koura présentées supra et du prix unitaire régulé de 75 F CFA  avec un tel niveau de prix véritable permet de soutenir qu’il existe jusqu’à présent de réelles marges manœuvres en termes de réduction de prix unitaires de l’appel voix mobile que les opérateurs surtout Orange Mali Sa peuvent mettre en œuvre pour continuer de démocratiser davantage les services télécoms au Mali tout en augmentant le bien-être consommateurs.

Madou CISSE / FSEG

2026-06-11

Baisse du prix des appels voix hors forfait, une baisse pour rien ?

Temps de lecture : 5 min

La principale visée des politiques économiques que peuvent mettre en œuvre les autorités est le bien-être des acteurs économiques privés à savoir les ménages et les entreprises.

Les autorités, dans une telle perspective ne visent point le bien-être d’un individu isolé mais, elles cherchent toujours à améliorer le bien-être de la majorité d’un groupe d’agents économiques – étant entendu qu’il est quasiment impossible de mettre en œuvre une politique économique qui puisse améliorer de manière simultanée le bien-être de tous les agents d’une économie donnée.

Le bien-être global généré par une politique économique est mesuré en économie par la somme du bien-être des consommateurs et celui des producteurs. Le bien-être des consommateurs est déterminé par l’estimation du surplus ou pouvoir d’achat engendré par une mesure de politique économique ; quant au bien-être des producteurs, il est estimé par leurs bénéfices.

Baisse de prix et bien-être

Le marché de la communication voix au Mali a connu au début du mois de juin 2026 une baisse de 6 F CFA du prix de la minute de l’appel voix hors forfait, passant de 81 F CFA à 75 F CFA.

Pour beaucoup de personnes, la portée économique d’une telle baisse n’est pas du tout significative. Une telle conclusion semble être juste quand elle est autocentrée. Heureusement que la portée d’une telle politique économique ne peut être limitée à « notre propre personne seule ».

C’est en ramenant la portée d’une telle mesure à l’échelle de tout le marché ou de toute la communauté des utilisateurs que l’impact réel de ladite mesure devient audible.

Le marché de l’appel voix (mobile et fixe) au Mali comptait 25.712.972 abonnés en fin 2024. Tous ces utilisateurs (ménages et entreprises) ont généré pour les trois (03) opérateurs présents sur ce marché, un chiffre d’affaires global de 614,796 milliards de F CFA avec un revenu moyen par utilisateur (ARPU= Average Revenue Per User) de 1.518 F CFA.

Durant l’année 2024, les utilisateurs maliens présents sur le marché de l’appel voix ont réalisé 405.003.953 de minutes de communication voix au total.

En s’appuyant sur cette dernière statistique, tout en faisant fi de la part des appels voix faits avec les différents forfaits ; une telle mesure de réduction de prix des appels voix hors forfait apporterait en 2024 dans sa fourchette haute un gain de pouvoir d’achat maximal de 2.430.023.716 F CFA. Pendant que dans la fourchette basse, l’apport de la baisse de prix deviendrait quasiment insignifiant toutes choses égales par ailleurs. Car au Mali, les opérateurs télécoms ont des formules de « ventes promotionnelles » ininterrompues ; « Damou » et « Diagnè promo » pour ne citer que celles-ci.

Dans la mesure où le parc téléphonie (mobile et fixe) est quasi stationnaire en termes de croissance – soit +0,54% d’augmentation entre 2023 et 2024 – il y a fort à parier que la baisse de 6 F CFA apporterait presque le même niveau de pouvoir d’achat aux utilisateurs dudit service chaque année toutes choses égales par ailleurs.

Il est très important de signaler que sur le plan de l’efficacité économique cette mesure de réduction demeure neutre a priori, car elle donne aux utilisateurs des services télécoms ce qu’elle prend aux trois opérateurs télécoms. C’est lors de la phase d’affectation du pouvoir d’achat acquis par les consommateurs que la taille de l’économie malienne pourrait être touchée.

M. Madou CISSE / FSEG

La théorie de la valeur de la productivité marginale soutient que les promoteurs d’école (les employeurs) n’exploitent pas les enseignants (les travailleurs)

  Temps de lecture : 2 min Série : Economie en question (N°60) Quand la théorie marxiste de la plus-value soutient que le travail est l...