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La vie est comme une scène de jeux à ciel
ouvert. Un jeu suppose l’existence de quatre principales choses. Les règles du
jeu, les joueurs, les actions ou stratégies à entreprendre et les paiements (positifs
ou négatifs). Dans la vie de tous les jours, les Hommes sont en interactions perpétuelles
et pour atteindre leurs objectifs, ils sont obligés de mettre en œuvre diverses
stratégies qui leur apportent des gains ou pertes appelés les paiements. Et tout
cet écosystème est soumis dans son fonctionnement à diverses règles relevant
des us et coutumes ou du droit positif.
Les Hommes en participant de manière
quotidienne aux différents jeux, atteignent ce que les théoriciens des jeux
appellent « équilibre » ; situation dans laquelle chaque joueur
joue sa meilleure stratégie ou meilleure action.
Parmi la multitude de jeux qui existe et à
laquelle les Hommes participent au quotidien, il y a un jeu qui est devenu célèbre
par sa capacité à décrire moult situations de la vie réelle. Ce jeu est appelé
très à propos « le dilemme du prisonnier ».
Toute situation de la vie réelle dans
laquelle les joueurs en interaction ne coopèrent pas pour faire émerger une
solution consensuelle doit être considérée comme un jeu non coopératif. Songez par
exemple aux antagonismes qui existent entre coépouses dans les foyers polygames; ou
aux oppositions entre partis politiques ou aux différends entre pays en temps
de guerre etc.
Si en plus de cette non coopération entre les
joueurs, la solution à laquelle les joueurs aboutissent est moins optimale
(moins meilleure) que celle qu’ils pouvaient avoir s’ils coopéraient ;
alors le jeu en question portera le sobriquet de « dilemme du prisonnier ».
Par exemple, dans un foyer polygame, généralement,
au lieu que les coépouses créent un climat de coopération entre elles ; les
femmes du foyer s’inscrivent dans un jeu non coopératif. En optant pour un tel
choix, la situation du foyer deviendrait moins stable que si les femmes avaient
opté pour la coopération (jeu coopératif). Une telle situation présente exactement
les conditions d’équilibre dépeintes par la théorie du dilemme du prisonnier.
Ce même résultat où la coopération entre les
parties est meilleure – car conduisant à de meilleures conditions que la non
coopération – est visible dans les pays en guerre ou entre pays en guerre. Dans
la mesure où l’instauration d’un jeu coopératif conduirait à moins de
souffrance que celle d’un jeu non coopératif où chaque partie s’arcboute à ses
positions tout en évitant de pleinement saisir les conditions de coopération
possibles.
Madou CISSE / FSEG