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Série : Economie en question (N°40)
Dans la Série : Economie en question (N°39) disponible à l’adresse suivante : https://cequejepensemali.blogspot.com/2025/12/temps-de-lecture-4-min-serie-economie_02010483767.html,
j’ai présenté la structure de marché « idéale » qu’est la structure
de marché de concurrence pure et parfaite (CPP). Je signalais dans le papier en
question que cette structure de marché idyllique ne peut être rencontrée dans
la réalité économique. Mais que l’économie réelle rime avec des structures de
marché concurrentielles qui de par leurs principales caractéristiques peuvent s’approcher
de l’organisation de la structure de CPP sans pourtant qu’il ait identité.
La CPP référence absolue
La référence absolue en matière d’analyse sur
les marchés de l’économie mainstream demeure la structure de marché de CPP. Dit
autrement, pour mesurer l’efficacité d’une structure de marché, les économistes
orthodoxes comparent toujours celle-ci à celle de la structure de marché de CPP
(https://cequejepensemali.blogspot.com/2024/10/serie-economie-en-question-n14.html).
Un tel choix est loin d’être fortuit.
Partant des caractéristiques de la structure
de marché de CPP, il est démontré qu’à long terme, chaque entreprise présente
sur un tel marché (1) produit au minimum de son coût unitaire de production qui
coïncide avec son coût marginal (ou coût supplémentaire qu’elle supporte en
produisant chaque unité supplémentaire) ; (2) le bien produit par chaque
entreprise est écoulé sur le marché à son coût unitaire minimal (absence de
pouvoir de marché).
Bien-être maximal
Dans ces conditions, le bien-être du marché
(mesuré par la somme de ce que gagnent les consommateurs et les producteurs) est
le plus élevé possible et aucun gaspillage de ressources ne peut être constaté
sur ce marché. Comment pouvons-nous être sûrs de cela ?
- Si chaque
unité produite est vendue à son coût unitaire minimal de production, cela
signifie que tous consommateurs qui disposent d’une disponibilité à payer le
produit plus grande ou égale à ce coût peuvent acheter le produit.
- Que seuls
les producteurs capables de produire à un coût inférieur ou égal à ce coût
unitaire de production (imposé par les caractéristiques de la CPP) peuvent
évoluer sur un tel marché en réalisant au moins un profit économique nul. Car les
producteurs inefficaces – enregistrant des coûts unitaires plus grands que le
coût unitaire imposé par la CPP seront logiquement évincés du marché.
·
Une telle
organisation de marché ne peut engendrer aucun gaspillage de ressource pour la
simple raison que le marché de par son fonctionnement intrinsèque évince (a) les
producteurs inefficaces et (b) ne permet pas non plus aux consommateurs
disposant des disponibilités à payer inférieures au minimum du coût unitaire de
production des firmes efficaces de participer aux transactions commerciales.
·
En évinçant
les producteurs inefficaces, la CPP leur donne la possibilité de rapatrier
leurs capitaux sur des structures de marchés qui peuvent être sujets à des défaillances
de marché (https://cequejepensemali.blogspot.com/2024/08/serie-economie-en-question-n6-les.html)
telles que le monopole, les oligopoles et la concurrence monopolistique.
Ce sont ces vertus de la CPP qui ne peuvent
être présentes sur aucune autre forme de structure qui lui confère sa suprématie
sur toutes les autres formes de structures de marché. Car elle assure l’efficacité
en termes de production (le coût total minimum) et l’efficacité d’allocation
absence de gaspillage qui se traduit par l’inexistence de perte sèche sur la
structure de CPP. C’est pour ces raisons que l’économie mainstream compare
toujours toutes les autres formes d’organisation à la structure de marché de
CPP. Et plus une structure s’éloigne de cette forme d’organisation, plus ils
concluent à son inefficacité productive et allocative.
Madou CISSE / FSEG