2025-12-18

Structure de marché de concurrence pure, une structure de marché idyllique

 Temps de lecture : 4 min

Série : Economie en question (N°39)

J’écrivais dans le N°38 de la série économie en question https://cequejepensemali.blogspot.com/2025/12/temps-de-lecture-4-min-serie-economie.html que la maîtrise de la structure des marchés est la clé de voûte de toute analyse économique impliquant les marchés.

Dans le présent numéro, j’analyse la structure de marché concurrentielle. Sa version « idyllique » est la structure de marché concurrentielle pure et parfaite (la CPP) mise sur ses fonds baptismaux par L. Walras.

Ce type de structure allie simultanément les principales caractéristiques suivantes :

-          Côté offre : les vendeurs sont atomisés, c’est-à-dire, qu’ils sont très nombreux ; ce qui les enlève toute capacité leur permettant de fixer les prix de leurs produits respectifs.

-          Côté offre : rien ne peut empêcher la sortie des firmes évoluant déjà sur ce type de marché (donc, niveau de coûts irrécupérables quasiment nul) et rien ne peut aussi empêcher l’entrée sur ce type de marché de potentiels entrants disposant les capacités (donc, niveau de barrières à l’entrée très faible pour ne pas dire barrières à l’entrée inexistantes).

-          Côté demande : les produits proposés par les très nombreux vendeurs sont considérés par les consommateurs comme de parfaits substituts.

-          Côté offre / côté demande : ce type de marché obéit aux mêmes conditions que les structures de jeux à information parfaite. Ce qui suppose que chaque joueur, qu’il soit vendeur ou consommateur est déjà informé de toutes les stratégies jouées (prix, qualité, localisation etc.) par ces prédécesseurs.

Cette construction idéalisée de la concurrence sur un marché ne peut exister dans la vie économique réelle. Pourquoi ? parce que, sur les marchés réels, les principales caractéristiques citées supra ne peuvent y être simultanément validées. Surtout celle liée à la disponibilité de l’information, qui ne peut être toujours considérée comme parfaite pour tous les intervenants sur ce marché.

Un exemple de marché concurrentiel de l’économie réelle est celui du marché de détails du sucre raffiné importé de Bamako. En observant ce marché, il est possible de faire les constats suivants : (1) vendeurs atomisés ; (2) existence de barrières, quasi nulle sur ce marché à l’entrée comme à la sortie ; (3) les consommateurs considèrent les différents produits comme des substituts parfaits ; (4) quid de la disponibilité de l’information ? Songez ne ce serait qu’au niveau de prix de ce produit sur ce marché, surtout spécifiquement pendant les périodes de pénurie ? L’information y est-elle parfaite ?

Madou CISSE / FSEG

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