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Série : Economie en question (N°38)
Le triomphe de l’idéologie libérale à l’orée
de la décennie 80 a imposé de facto le marché comme « objet » d’analyse
incontournable dans les analyses économiques. Tout tourne désormais autour des
marchés. Le point de départ de toute analyse impliquant les marchés doit s’appuyer
au préalable sur la détermination de la structure du marché – le mode d’organisation
d’un marché donné côté offre et côté demande –en question.
La fixation de la structure d’un marché se
fait en utilisant le critère du nombre d’offreurs (un seul offreur, quelques
offreurs, beaucoup d’offreurs) et celui de la différenciation ou non des
produits offerts (côté demande).
Le croisement des composantes de ces deux
critères (trois du côté de l’offre et deux du côté de la demande) permet de concevoir
cinq (05) principales façons d’organiser les différents marchés qui font l’objet
d’analyses en économie. Les marchés quels qu’ils soient (marché de la monnaie, marché de change,
marché du travail, marché du capital, marché des biens et services) ne peuvent qu’être structurellement
organisés suivant l’une des cinq (05) formes suivantes : le marché de
concurrence ; le marché d’oligopole à produits homogènes ; le marché
d’oligopole à produits hétérogènes ; le marché de concurrence monopolistique
et enfin le marché de monopole.
Il est impératif pour toute analyse
impliquant un marché de la part de l’économiste de préciser d’abord l’organisation
structurelle du marché en question. Car, c’est l’organisation structurelle du
marché qui détermine logiquement les rapports de force pouvant exister sur un
marché donné. Par exemple, si un marché est formé côté offre par un seul offreur qui
vend un produit non différencié, il logique de penser que sur un tel marché le
rapport de force est en faveur du vendeur (comme le marché de la monnaie par
exemple). Et à l’opposé d’une telle organisation structurelle, supposons que
sur un marché il existe beaucoup de vendeurs qui offrent des produits que les
acheteurs considèrent comme identiques (marché du travail non qualifié par
exemple). Il est logique d’inférer que sur un tel marché, le rapport de force
est en faveur des acheteurs.
L’attention doit donc toujours être de mise quand il s’agit d’analyser un marché ; en déterminant préalablement à toute proposition
de solution le mode d’organisation du marché concerné qui à son tour dévoile
les rapports de forces qui y existent.
Madou CISSE / FSEG
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