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Série : Economie en question (N°39)
J’écrivais dans le N°38 de la série économie
en question https://cequejepensemali.blogspot.com/2025/12/temps-de-lecture-4-min-serie-economie.html que la maîtrise de la structure des marchés
est la clé de voûte de toute analyse économique impliquant les marchés.
Dans le présent numéro, j’analyse la
structure de marché concurrentielle. Sa version « idyllique » est la
structure de marché concurrentielle pure et parfaite (la CPP) mise sur ses
fonds baptismaux par L. Walras.
Ce type de structure allie simultanément les
principales caractéristiques suivantes :
-
Côté
offre : les vendeurs sont
atomisés, c’est-à-dire, qu’ils sont très nombreux ; ce qui les enlève
toute capacité leur permettant de fixer les prix de leurs produits respectifs.
-
Côté
offre : rien ne peut empêcher
la sortie des firmes évoluant déjà sur ce type de marché (donc, niveau de coûts
irrécupérables quasiment nul) et rien ne peut aussi empêcher l’entrée sur ce
type de marché de potentiels entrants disposant les capacités (donc, niveau de
barrières à l’entrée très faible pour ne pas dire barrières à l’entrée inexistantes).
-
Côté
demande : les produits proposés
par les très nombreux vendeurs sont considérés par les consommateurs comme de
parfaits substituts.
-
Côté
offre / côté demande : ce type
de marché obéit aux mêmes conditions que les structures de jeux à information
parfaite. Ce qui suppose que chaque joueur, qu’il soit vendeur ou consommateur
est déjà informé de toutes les stratégies jouées (prix, qualité, localisation
etc.) par ces prédécesseurs.
Cette construction idéalisée de la
concurrence sur un marché ne peut exister dans la vie économique réelle.
Pourquoi ? parce que, sur les marchés réels, les principales
caractéristiques citées supra ne peuvent y être simultanément validées. Surtout
celle liée à la disponibilité de l’information, qui ne peut être toujours
considérée comme parfaite pour tous les intervenants sur ce marché.
Un exemple de marché concurrentiel de
l’économie réelle est celui du marché de détails du sucre raffiné importé de
Bamako. En observant ce marché, il est possible de faire les constats
suivants : (1) vendeurs atomisés ; (2) existence de barrières, quasi
nulle sur ce marché à l’entrée comme à la sortie ; (3) les consommateurs
considèrent les différents produits comme des substituts parfaits ; (4)
quid de la disponibilité de l’information ? Songez ne ce serait qu’au
niveau de prix de ce produit sur ce marché, surtout spécifiquement pendant les
périodes de pénurie ? L’information y est-elle parfaite ?
Madou CISSE / FSEG