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Le 22 avril 2026, le Gouvernement nigérien, par le décret n°2026-248
a décidé d’encadrer et de plafonner les prix des loyers de types F2 (une
chambre et un salon) et F3 (deux chambres et un salon).
Ces mesures d’encadrement et de plafonnement des prix
visent principalement à lutter contre la vie chère selon les autorités
nigériennes.
Que disent alors les préceptes de l’économie positive sur
les effets du plafonnement des prix ?
Le prix plafond par définition est le prix maximal auquel
un bien ou un service doit être vendu. Donc, c’est un prix qui vise les
offreurs. Pour qu’un tel prix produise les effets escomptés, il faut qu’il soit
fixé à un niveau inférieur au prix d’équilibre du marché ; sinon, son
instauration sur un marché n’aura aucun effet probant.
Dans le cas du Niger, le prix plafond instauré par le
décret n°2026-248 a été fixé au maximum à 20 000 F CFA, un montant largement
inférieur au prix d’équilibre du marché, qui s'élevait au moins à 50 000 F CFA.
Par conséquent, cette mesure imposée par les autorités nigériennes va fortement
influencer les conditions d’évolution du marché en question.
Comment le plafonnement des prix des loyers va-t-il
influencer l’évolution du marché des loyers de types F2 et F3 ?
Les conclusions des préceptes de l’économie positive sont claires
quant aux conséquences du contrôle des prix. Elles soutiennent que le prix
plafond en créant un écart entre le prix plafond et le prix fixé par le jeu de
l’offre et de la demande conduit (1) à une diminution de la quantité offerte ;
(2) à une mauvaise allocation des logements ; (3) à un gaspillage de
ressources et enfin (4) à l’apparition d’un marché noir.
Il ne faut donc pas être surpris de constater, dans le cas
du Niger, ces effets délétères imputables au plafonnement des prix des loyers
imposé par les autorités. C'est en raison de ces effets néfastes que les prix
plafonds sont déconseillés. En effet, leur imposition sur le marché génère des
coûts économiques supérieurs aux gains que ces prix sont censés apporter, comme
dans le cas du Niger dont l’objectif ultime est la lutte contre la vie chère.
Madou CISSE / FSEG