2026-10-01

Les pays de l’AES doivent-ils plafonner les prix des loyers ?

 Temps de lecture : 3 minutes

Le 22 avril 2026, le Gouvernement nigérien, par le décret n°2026-248 a décidé d’encadrer et de plafonner les prix des loyers de types F2 (une chambre et un salon) et F3 (deux chambres et un salon).

Ces mesures d’encadrement et de plafonnement des prix visent principalement à lutter contre la vie chère selon les autorités nigériennes.

Que disent alors les préceptes de l’économie positive sur les effets du plafonnement des prix ?

Le prix plafond par définition est le prix maximal auquel un bien ou un service doit être vendu. Donc, c’est un prix qui vise les offreurs. Pour qu’un tel prix produise les effets escomptés, il faut qu’il soit fixé à un niveau inférieur au prix d’équilibre du marché ; sinon, son instauration sur un marché n’aura aucun effet probant.

Dans le cas du Niger, le prix plafond instauré par le décret n°2026-248 a été fixé au maximum à 20 000 F CFA, un montant largement inférieur au prix d’équilibre du marché, qui s'élevait au moins à 50 000 F CFA. Par conséquent, cette mesure imposée par les autorités nigériennes va fortement influencer les conditions d’évolution du marché en question.

Comment le plafonnement des prix des loyers va-t-il influencer l’évolution du marché des loyers de types F2 et F3 ?

Les conclusions des préceptes de l’économie positive sont claires quant aux conséquences du contrôle des prix. Elles soutiennent que le prix plafond en créant un écart entre le prix plafond et le prix fixé par le jeu de l’offre et de la demande conduit (1) à une diminution de la quantité offerte ; (2) à une mauvaise allocation des logements ; (3) à un gaspillage de ressources et enfin (4) à l’apparition d’un marché noir.

Il ne faut donc pas être surpris de constater, dans le cas du Niger, ces effets délétères imputables au plafonnement des prix des loyers imposé par les autorités. C'est en raison de ces effets néfastes que les prix plafonds sont déconseillés. En effet, leur imposition sur le marché génère des coûts économiques supérieurs aux gains que ces prix sont censés apporter, comme dans le cas du Niger dont l’objectif ultime est la lutte contre la vie chère.

Madou CISSE / FSEG

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