2026-10-08

Que faire pour que le Mali se développe économiquement ?

 Temps de lecture : 4 minutes

Le développement économique suppose, de manière cumulative, une augmentation des revenus de la population, accompagnée d'un meilleur accès à l'éducation et d'une amélioration continue du niveau de vie.

Je trouve que l'atteinte d'un tel objectif passe par la satisfaction de deux conditions essentielles : la première est l'existence d'une élite vertueuse, et la seconde, l'adoption de politiques économiques orientées principalement vers l'efficacité économique.

Le premier pas vers le développement exige l'avènement d'une classe dirigeante guidée par la vertu politique — cette vertu que Montesquieu définissait comme le ressort fondamental de la démocratie. Sans cette condition première, que je tiens pour nécessaire, toute perspective de développement économique demeure illusoire.

Un pays, quel qu'il soit — africain, américain, asiatique ou européen —, fera du surplace économique s'il est gangréné par le vice de la corruption, surtout lorsqu'elle est impulsée par les élites politiques et économiques.

C’est pour cette raison que je considère la pratique de la vertu politique comme le premier principe du développement économique. Par conséquent, sans vertu politique l’amorce d’un développement économique est quasiment impossible.

Une fois que la première condition est remplie, l’adoption de l’idéologie économique devient déterminante. Et cette étape est loin d’être fortuite, car c’est elle qui conditionne tout le processus de production d’une économie.

En économie, deux principaux objectifs qui s’opposent généralement peuvent être défendus : L’objectif de l’efficacité économique et celui de la justice sociale. Le premier objectif privilégie la maximisation de la production tandis que le second s’oriente vers la réduction des inégalités sociales.

En général, les pays africains, dont le Mali, font de mauvais arbitrages dans le choix de leurs objectifs économiques. Je pense sincèrement que pour les pays où la pratique de la vertu politique à la Montesquieu est loin d’être la règle, le choix de l’objectif de la justice sociale demeure un mauvais choix.

Cela étant dit, je pense que les pays africains, dont le Mali, doivent d'abord opter pour l'efficacité économique en créant plus de richesses. Afin d'atteindre cet objectif, ils doivent privilégier l'économie de marché plutôt qu'un renforcement excessif de l'intervention de l'État à travers des nationalisations.

L’hydre de la corruption étant présente dans nos pays, nationaliser devient synonyme de gabegie. Alors que si l’initiative est privée, ces pratiques délétères sont rapidement circonscrites au profit de l’efficacité.

En définitive, je pense que pour amorcer un véritable développement économique au Mali, il faut d’abord mettre tout en œuvre pour favoriser l’émergence d’une élite politique et économique vertueuse, puis opter sans hésitation pour l’efficacité économique. C’est seulement après avoir atteint un niveau de richesse conséquent que la lutte pour plus de justice sociale pourra être pleinement menée par un État qui, sans être producteur, exercera avec brio ses fonctions régaliennes – diplomatie, justice, sécurité, défense, finances et budget –, auxquelles j’ajoute son rôle de régulateur des marchés, principalement animés par des capitaux privés.

M. Madou CISSE / FSEG

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