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Dans ma publication de la semaine précédente
sur les spécificités théoriques des externalités disponible ici, https://cequejepensemali.blogspot.com/2026/05/parlons-dexternalites.html j’y avais affirmé que les externalités
négatives imposent une surconsommation des ressources pendant que les
externalités positives induisent toujours leur sous consommation.
La théorie économique sur l’impact des
externalités sur le fonctionnement des activités est on ne peut plus claire.
Elle soutient qu’en présence d’externalités négatives, il faut que les coûts
sociaux induits par leur présence soient internalisés. Cette idée appliquée à
la pollution environnementale a donné naissance au célèbre principe du
« pollueur-payeur » qui tire ses sources des travaux pionniers du
Maître de Cambridge (Angleterre) Arthur Cecil Pigou au début du 20ème
siècle.
Forage « gratuit »
mais…
Au Mali, il n’est pas rare de voir des
personnes de « bonne de volonté » dans nos quartiers et villages faire
des forages et les mettre gracieusement à la disposition des populations. Cette
pratique bien que louable sur plan le social présente beaucoup d’inefficacité
d’un point de vue économique.
Un forage mis gratuitement à la disposition
des populations d’une zone devient inefficace économiquement parce que cette
pratique impose automatiquement des coûts sociaux inhérents aux externalités
négatives.
En optant pour la gratuité d’accès au forage
et sans limitation d’usage, comme la théorie le prévoit avec acuité entraine
une surconsommation de l’eau disponible. Dans ce cas spécifique, les usagers du
forage « gratuit » surutilisent le forage. Cette pratique conduit
toujours à un amortissement accéléré du forage (pompe, tuyaux, et les autres
installations connexes). Un tel environnement conduit inéluctablement à l’arrêt
définitif du service car les externalités négatives seront à l’œuvre !
Que faire alors ?
Ce qu’il ne faut jamais faire, c’est de laisser
le forage sans la moindre régulation. Ceci dit, il faut toujours instaurer soit
une régulation visant le prix soit une régulation par les quotas.
La régulation par le prix doit permettre de
fixer un montant minimal ou social – qui est normalement inférieur au prix du
marché de l’eau dans la localité d’implantation du forage – Ce niveau de prix
loin d’être optimal du point de vue du marché a quand-même le mérite d’internaliser
une partie des coûts sociaux qu’imposent les utilisateurs du forage.
La régulation par le truchement des quotas journaliers
et par usager du forage aboutit elle aussi à tailler dans les effets externes liés
aux externalités négatives. Cette pratique des quotas demande des efforts de
collecte d’information de la part du mécène sur les différents utilisateurs
réels et potentiels du forage afin qu’elle devienne efficace comme mesure.
Une autre variante de la méthode des quotas
consiste à fixer une plage horaire au cours de laquelle la fourniture de l’eau
devient possible et en dehors de cette plage la fourniture n’est plus possible.
En définitive, faire un forage « gratuit »
pour une population donnée ne serait jamais une activité pérenne sans aucune
forme de régulation à cause des externalités négatives qu’une telle activité
impose. Car en faisant fi de la régulation, tôt ou tard (à long terme) la
fourniture de l’eau du forage cessera parce qu’aucune fraction des coûts
sociaux imposés par les comportements des usagers n’est internalisée ce qui
devient un terreau fertile pour la surconsommation de l’eau du forage « gratuit ».
M. Madou CISSE / FSEG