2026-05-21

Aléa moral : une application à l’aviculture

Temps de lecture : 4 min

Dans le précédent numéro de mon blog publié la semaine passée et disponible ici https://cequejepensemali.blogspot.com/2026/05/asymetrie-dinformation-que-faire-face.html, j’ai mis en évidence que dans toute activité humaine où il y a : (1) divergence d’intérêts ; (2) asymétrie d’information de type aléa moral et (3) existence de réponses institutionnelles via les contrats ou d’autres moyens incitatifs doit être traitée selon les préceptes établis par la théorie de l’agence ou théorie du Principal-Agent.

Rémunération : théorie du Principal-Agent

Le présent numéro met l’accent sur les recommandations faites par ladite théorie relativement aux formes de rémunération à mettre en place quand les trois principales conditions déjà énumérées sont remplies.

La théorie soutient qu’il existe deux principales formes de rémunération pouvant être mises en œuvre dans les situations où un Principal ou propriétaire confie à un Agent ou employé l’exécution d’une tâche.

Le Principal peut décider de fixer un salaire mensuel ou hebdomadaire à l’Agent ou tout autre type de rémunération fixe. Dans cette éventualité, le propriétaire rend automatiquement indépendante la rémunération du travailleur de sa productivité. Dans ce premier type de rémunération, les conclusions de la théorie sont implacables. Elle soutient sans ambiguïté qu’en fixant un montant fixe de rémunération à l’employé, ce dernier ne fournira pas les efforts nécessaires susceptibles de maximiser les résultats issus de la tâche à exécuter. Il pourrait se contenter juste des niveaux d’efforts en dessous desquels le principal peut le renvoyer ! Dit autrement, avec une rémunération fixe, l’Agent fera le service minimum.

La meilleure forme de rémunération que recommande la théorie et qui doit être mise en place par le Principal est de lier la rémunération de l’Agent à sa productivité. Cette liaison dans sa forme la plus aboutie conduit à la franchise.

Aviculture et rémunération des travailleurs

L’aviculture comme dans toutes les activités de production, la relation Principal-Agent est indispensable.

La rémunération des gardiens des bâtiments avicoles au Mali par exemple s’inscrit logiquement dans ce type de relation. Au Mali, malheureusement, les propriétaires optent le plus souvent pour la première forme de rémunération que la théorie déconseille fermement. Car avec une telle forme de rémunération, le gain collectif (part du propriétaire dans la recette totale et celle de l’employé) demeure minimisé.

Tandis qu’en optant pour une rémunération du gardien positivement corrélée à sa productivité, le gain collectif issu du bâtiment avicole sera maximisé. En tout cas avec cette forme de rémunération, le gardien fournira les efforts nécessaires conduisant à maximiser ses avoirs et par ricochets ceux du Principal aussi.

Madou CISSE / FSEG

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