2025-12-25

En matière de bien-être économique, la suprématie de la structure de marché de concurrence pure et parfaite demeure incontestée

Temps de lecture : 5 min

Série : Economie en question (N°40)

Dans la Série : Economie en question (N°39) disponible à l’adresse suivante : https://cequejepensemali.blogspot.com/2025/12/temps-de-lecture-4-min-serie-economie_02010483767.html, j’ai présenté la structure de marché « idéale » qu’est la structure de marché de concurrence pure et parfaite (CPP). Je signalais dans le papier en question que cette structure de marché idyllique ne peut être rencontrée dans la réalité économique. Mais que l’économie réelle rime avec des structures de marché concurrentielles qui de par leurs principales caractéristiques peuvent s’approcher de l’organisation de la structure de CPP sans pourtant qu’il ait identité.

La CPP référence absolue

La référence absolue en matière d’analyse sur les marchés de l’économie mainstream demeure la structure de marché de CPP. Dit autrement, pour mesurer l’efficacité d’une structure de marché, les économistes orthodoxes comparent toujours celle-ci à celle de la structure de marché de CPP (https://cequejepensemali.blogspot.com/2024/10/serie-economie-en-question-n14.html). Un tel choix est loin d’être fortuit.

Partant des caractéristiques de la structure de marché de CPP, il est démontré qu’à long terme, chaque entreprise présente sur un tel marché (1) produit au minimum de son coût unitaire de production qui coïncide avec son coût marginal (ou coût supplémentaire qu’elle supporte en produisant chaque unité supplémentaire) ; (2) le bien produit par chaque entreprise est écoulé sur le marché à son coût unitaire minimal (absence de pouvoir de marché).

Bien-être maximal

Dans ces conditions, le bien-être du marché (mesuré par la somme de ce que gagnent les consommateurs et les producteurs) est le plus élevé possible et aucun gaspillage de ressources ne peut être constaté sur ce marché. Comment pouvons-nous être sûrs de cela ?

  •       Si chaque unité produite est vendue à son coût unitaire minimal de production, cela signifie que tous consommateurs qui disposent d’une disponibilité à payer le produit plus grande ou égale à ce coût peuvent acheter le produit.
  •       Que seuls les producteurs capables de produire à un coût inférieur ou égal à ce coût unitaire de production (imposé par les caractéristiques de la CPP) peuvent évoluer sur un tel marché en réalisant au moins un profit économique nul. Car les producteurs inefficaces – enregistrant des coûts unitaires plus grands que le coût unitaire imposé par la CPP seront logiquement évincés du marché.

·         Une telle organisation de marché ne peut engendrer aucun gaspillage de ressource pour la simple raison que le marché de par son fonctionnement intrinsèque évince (a) les producteurs inefficaces et (b) ne permet pas non plus aux consommateurs disposant des disponibilités à payer inférieures au minimum du coût unitaire de production des firmes efficaces de participer aux transactions commerciales.

·         En évinçant les producteurs inefficaces, la CPP leur donne la possibilité de rapatrier leurs capitaux sur des structures de marchés qui peuvent être sujets à des défaillances de marché (https://cequejepensemali.blogspot.com/2024/08/serie-economie-en-question-n6-les.html) telles que le monopole, les oligopoles et la concurrence monopolistique.

Ce sont ces vertus de la CPP qui ne peuvent être présentes sur aucune autre forme de structure qui lui confère sa suprématie sur toutes les autres formes de structures de marché. Car elle assure l’efficacité en termes de production (le coût total minimum) et l’efficacité d’allocation absence de gaspillage qui se traduit par l’inexistence de perte sèche sur la structure de CPP. C’est pour ces raisons que l’économie mainstream compare toujours toutes les autres formes d’organisation à la structure de marché de CPP. Et plus une structure s’éloigne de cette forme d’organisation, plus ils concluent à son inefficacité productive et allocative.

Madou CISSE / FSEG

2025-12-18

Structure de marché de concurrence pure, une structure de marché idyllique

 Temps de lecture : 4 min

Série : Economie en question (N°39)

J’écrivais dans le N°38 de la série économie en question https://cequejepensemali.blogspot.com/2025/12/temps-de-lecture-4-min-serie-economie.html que la maîtrise de la structure des marchés est la clé de voûte de toute analyse économique impliquant les marchés.

Dans le présent numéro, j’analyse la structure de marché concurrentielle. Sa version « idyllique » est la structure de marché concurrentielle pure et parfaite (la CPP) mise sur ses fonds baptismaux par L. Walras.

Ce type de structure allie simultanément les principales caractéristiques suivantes :

-          Côté offre : les vendeurs sont atomisés, c’est-à-dire, qu’ils sont très nombreux ; ce qui les enlève toute capacité leur permettant de fixer les prix de leurs produits respectifs.

-          Côté offre : rien ne peut empêcher la sortie des firmes évoluant déjà sur ce type de marché (donc, niveau de coûts irrécupérables quasiment nul) et rien ne peut aussi empêcher l’entrée sur ce type de marché de potentiels entrants disposant les capacités (donc, niveau de barrières à l’entrée très faible pour ne pas dire barrières à l’entrée inexistantes).

-          Côté demande : les produits proposés par les très nombreux vendeurs sont considérés par les consommateurs comme de parfaits substituts.

-          Côté offre / côté demande : ce type de marché obéit aux mêmes conditions que les structures de jeux à information parfaite. Ce qui suppose que chaque joueur, qu’il soit vendeur ou consommateur est déjà informé de toutes les stratégies jouées (prix, qualité, localisation etc.) par ces prédécesseurs.

Cette construction idéalisée de la concurrence sur un marché ne peut exister dans la vie économique réelle. Pourquoi ? parce que, sur les marchés réels, les principales caractéristiques citées supra ne peuvent y être simultanément validées. Surtout celle liée à la disponibilité de l’information, qui ne peut être toujours considérée comme parfaite pour tous les intervenants sur ce marché.

Un exemple de marché concurrentiel de l’économie réelle est celui du marché de détails du sucre raffiné importé de Bamako. En observant ce marché, il est possible de faire les constats suivants : (1) vendeurs atomisés ; (2) existence de barrières, quasi nulle sur ce marché à l’entrée comme à la sortie ; (3) les consommateurs considèrent les différents produits comme des substituts parfaits ; (4) quid de la disponibilité de l’information ? Songez ne ce serait qu’au niveau de prix de ce produit sur ce marché, surtout spécifiquement pendant les périodes de pénurie ? L’information y est-elle parfaite ?

Madou CISSE / FSEG

2025-12-11

La clé de voûte de l’analyse des marchés, c’est leurs organisations structurelles

 Temps de lecture : 4 min

Série : Economie en question (N°38)

Le triomphe de l’idéologie libérale à l’orée de la décennie 80 a imposé de facto le marché comme « objet » d’analyse incontournable dans les analyses économiques. Tout tourne désormais autour des marchés. Le point de départ de toute analyse impliquant les marchés doit s’appuyer au préalable sur la détermination de la structure du marché – le mode d’organisation d’un marché donné côté offre et côté demande –en question.

La fixation de la structure d’un marché se fait en utilisant le critère du nombre d’offreurs (un seul offreur, quelques offreurs, beaucoup d’offreurs) et celui de la différenciation ou non des produits offerts (côté demande).

Le croisement des composantes de ces deux critères (trois du côté de l’offre et deux du côté de la demande) permet de concevoir cinq (05) principales façons d’organiser les différents marchés qui font l’objet d’analyses en économie. Les marchés quels qu’ils soient (marché de la monnaie, marché de change, marché du travail, marché du capital, marché des biens et services) ne peuvent qu’être structurellement organisés suivant l’une des cinq (05) formes suivantes : le marché de concurrence ; le marché d’oligopole à produits homogènes ; le marché d’oligopole à produits hétérogènes ; le marché de concurrence monopolistique et enfin le marché de monopole.

Il est impératif pour toute analyse impliquant un marché de la part de l’économiste de préciser d’abord l’organisation structurelle du marché en question. Car, c’est l’organisation structurelle du marché qui détermine logiquement les rapports de force pouvant exister sur un marché donné. Par exemple, si un marché est formé côté offre par un seul offreur qui vend un produit non différencié, il logique de penser que sur un tel marché le rapport de force est en faveur du vendeur (comme le marché de la monnaie par exemple). Et à l’opposé d’une telle organisation structurelle, supposons que sur un marché il existe beaucoup de vendeurs qui offrent des produits que les acheteurs considèrent comme identiques (marché du travail non qualifié par exemple). Il est logique d’inférer que sur un tel marché, le rapport de force est en faveur des acheteurs.

L’attention doit donc toujours être de mise quand il s’agit d’analyser un marché ; en déterminant préalablement à toute proposition de solution le mode d’organisation du marché concerné qui à son tour dévoile les rapports de forces qui y existent.

Madou CISSE / FSEG

2025-12-04

Variation de prix d’un produit rime toujours avec les effets substitution et revenu

Temps de lecture : 3 min

Série : Economie en question (N°37)

Il est unanimement admis en économie que quand le prix d’un produit dont la demande est typique augmente (respectivement baisse) la quantité demandée de ce produit baisse (respectivement augmente). C’est la fameuse loi de la demande !

Les économistes de métier ne se limitent pas à l’énonciation de cette loi quand le prix d’un produit subit de telles variations. Ils poussent leurs analyses en disséquant le résultat issu de la variation du prix sur la quantité demandée.

Dans leurs analyses, les économistes dissocient deux principaux effets qui concourent simultanément à la baisse de la quantité demandée ou à sa hausse suivant que le prix du produit ait augmenté ou baissé. Ces effets sont : l’effet substitution et l’effet revenu.

L’effet substitution prend en charge la variation (hausse ou baisse) de la quantité demandée d’un produit consécutive à une variation de son prix. Car une telle variation impacte logiquement le prix réel du produit en termes d’autres produits.

L’effet revenu quant à lui capte la part de la variation de la quantité demandée due à une variation du pouvoir d’achat des consommateurs. Car, une variation du prix d’un produit impacte logiquement le pouvoir d’achat des consommateurs soit à la hausse quand le prix baisse soit à la baisse quand le prix augmente.

Pour les produits dont la demande est typique et qui sont des produits inférieurs les deux effets sont opposés en termes de signes. Mais, l’effet substitution l’emporte ce qui amènent les consommateurs à choisir des substituts. Par contre, pour ceux qui sont normaux et de première nécessité ou de luxe les deux effets vont dans le même sens. Pour de tels produits, la hausse du prix exacerbe la diminution de la quantité demandée pour cause de variation du prix réel et de diminution de pouvoir d’achat.

En économie, une analyse de l’impact de la variation du prix d’un produit sur sa demande doit forcément passer par une estimation des effets substitution et revenu dans le but de rendre possible la proposition de meilleures solutions.

Madou CISSE / FSEG

EDM et l’Etat du Mali, que faire ?

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