2025-07-31

Temps de lecture : 5 min

Série : Economie en question (N°31)

Pourquoi la courbe d’offre du marché des biens et services peut-elle être constante ou décroissante ?

La courbe d’offre du marché des biens et services est-elle croissante ? décroissante ? constante ? ou inexistante ?

La bonne réponse à cette série de questions est, ça dépend !

Ça dépend de quoi ? (1) de la structure du marché des biens et services sur laquelle évoluent les entreprises ; (2) de l’horizon temporel retenu.

Si la structure du marché est monopolistique, il n’y a même pas question de courbe d’offre de marché pour le monopolaire. Car l’offre de biens et services du marché se définit comme étant les quantités de biens ou de services que les entreprises présentes sur le marché souhaitent vendre pour tout niveau de prix donné. Alors que sur une structure de marché de monopole le prix n’est point une donnée, mais il est fixé par le monopolaire (il est faiseur de prix). Donc, sur une telle structure de marché, la courbe d’offre du marché qui coïncide avec celle du monopoleur est quasi inexistante.

Par contre, si les entreprises évoluent sur une structure de marché concurrentiel (parfait ?) qui est un marché atomisé du côté de l’offre des biens et services ; alors, le prix devient une donnée pour toutes les entreprises qui y sont présentes. Elles ne disposent pas individuellement de pouvoir de marché. Sur une telle structure de marché, et en fonction de l’horizon temporel retenu, la courbe d’offre du marché peut être constante (horizontale) ; décroissante (inclinée vers le bas) ou croissante (inclinée vers le haut).

A courte terme, il est évidemment admis que sur le marché concurrentiel des biens et services les entreprises n’ont pas suffisamment le temps d’entrer ou de sortir du marché. Ceci étant, toute augmentation de la production (respectivement toute baisse de celle-ci), ne peut qu’entraîner une augmentation du coût marginal de production de l’entreprise (respectivement une baisse de celui-ci). C’est de cette augmentation du coût marginal de production qu’est inférée la croissance de la courbe d’offre du marché concurrentiel des biens et services à court terme. Donc, à court terme, sur une structure de marché concurrentiel, la courbe d’offre du marché est croissante (inclinée vers le haut).

A long terme, la libre entrée et la libre sortie des entreprises sur le marché deviennent possibles. Dans cette perspective, l’entrée de nouvelles entreprises sur le marché peut impacter les coûts de production de toutes les entreprises évoluant sur le marché du bien ou du service concerné. Si, l’entrée de nouvelles entreprises impacte les coûts de production à la hausse (existence d’externalités négatives par exemple) ; cela conduirait à une courbe d’offre de maché habituelle c’est-à-dire croissante, donc, une courbe d’offre de marché inclinée vers le haut.

Dans l’éventualité où, l’entrée de nouvelles entreprises impacte les coûts de production de toutes les entreprises présentes sur le marché à la baisse (par exemple, existence d’externalités positives) cela conduirait à une courbe de marché inhabituelle qui serait décroissante (donc, inclinée vers le bas).

Dans le cas où l’entrée de nouvelles entreprises sur le marché n’impacte pas du tout les coûts de production des entreprises déjà installées (cas d’une hypothèse d’école) ; la courbe d’offre du marché de biens et services demeurerait constante (donc, horizontale).

En définitive, pensez que la courbe d’offre du marché de biens et services est toujours croissante (c’est-à-dire inclinée vers le haut) est la règle qui semble être confirmée par des cas exceptionnels dans lesquels, la courbe d’offre du marché des biens et services peut être inhabituellement constante ou décroissante.

Madou CISSE

FSEG

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