Temps de lecture : 5 min
Série : Economie en question (N°31)
Pourquoi la courbe d’offre du
marché des biens et services peut-elle être constante ou décroissante ?
La courbe d’offre du marché des biens et
services est-elle croissante ? décroissante ? constante ? ou
inexistante ?
La bonne réponse à cette série de questions
est, ça dépend !
Ça dépend de quoi ? (1) de la structure
du marché des biens et services sur laquelle évoluent les entreprises ;
(2) de l’horizon temporel retenu.
Si la structure du marché est monopolistique,
il n’y a même pas question de courbe d’offre de marché pour le monopolaire. Car
l’offre de biens et services du marché se définit comme étant les quantités de
biens ou de services que les entreprises présentes sur le marché souhaitent
vendre pour tout niveau de prix donné. Alors que sur une structure de marché de monopole
le prix n’est point une donnée, mais il est fixé par le monopolaire (il est
faiseur de prix). Donc, sur une telle structure de marché, la courbe d’offre du
marché qui coïncide avec celle du monopoleur est quasi inexistante.
Par contre, si les entreprises évoluent sur
une structure de marché concurrentiel (parfait ?) qui est un marché
atomisé du côté de l’offre des biens et services ; alors, le prix devient
une donnée pour toutes les entreprises qui y sont présentes. Elles ne disposent
pas individuellement de pouvoir de marché. Sur une telle structure de marché, et
en fonction de l’horizon temporel retenu, la courbe d’offre du marché peut être
constante (horizontale) ; décroissante (inclinée vers le bas) ou croissante (inclinée vers le haut).
A courte terme, il est évidemment admis que
sur le marché concurrentiel des biens et services les entreprises n’ont pas
suffisamment le temps d’entrer ou de sortir du marché. Ceci étant, toute
augmentation de la production (respectivement toute baisse de celle-ci), ne
peut qu’entraîner une augmentation du coût marginal de production de
l’entreprise (respectivement une baisse de celui-ci). C’est de cette
augmentation du coût marginal de production qu’est inférée la croissance de la
courbe d’offre du marché concurrentiel des biens et services à court terme.
Donc, à court terme, sur une structure de marché concurrentiel, la courbe
d’offre du marché est croissante (inclinée vers le haut).
A long terme, la libre entrée et la libre
sortie des entreprises sur le marché deviennent possibles. Dans cette
perspective, l’entrée de nouvelles entreprises sur le marché peut impacter les
coûts de production de toutes les entreprises évoluant sur le marché du bien ou
du service concerné. Si, l’entrée de nouvelles entreprises impacte les coûts de
production à la hausse (existence d’externalités négatives par exemple) ; cela conduirait à
une courbe d’offre de maché habituelle c’est-à-dire croissante, donc, une
courbe d’offre de marché inclinée vers le haut.
Dans l’éventualité où, l’entrée de nouvelles
entreprises impacte les coûts de production de toutes les entreprises présentes
sur le marché à la baisse (par exemple, existence d’externalités positives)
cela conduirait à une courbe de marché inhabituelle qui serait décroissante (donc, inclinée vers le bas).
Dans le cas où l’entrée de nouvelles entreprises
sur le marché n’impacte pas du tout les coûts de production des entreprises
déjà installées (cas d’une hypothèse d’école) ; la courbe d’offre du
marché de biens et services demeurerait constante (donc, horizontale).
En définitive, pensez que la courbe d’offre du
marché de biens et services est toujours croissante (c’est-à-dire inclinée vers
le haut) est la règle qui semble être confirmée par des cas exceptionnels dans
lesquels, la courbe d’offre du marché des biens et services peut être
inhabituellement constante ou
décroissante.
Madou CISSE
FSEG
Aucun commentaire:
Enregistrer un commentaire